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Waterman : je trouve choquant de former nos remplaçants polonais

chsctDes salariés de l'usine nantaise du groupe américain Newell Rubbermaid (stylos Waterman, Reynolds, Parker etc.) vont devoir former leur successeurs polonais avant d'être remerciés. Une mesure inhumaine ? Pour Thierry Cormerais, salarié du groupe à Saint-Herblain et délégué central CFDT, ça ne doit pas cacher le plus important : l'ampleur des licenciements.

chsctDes salariés de l'usine nantaise du groupe américain Newell Rubbermaid (stylos Waterman, Reynolds, Parker etc.) vont devoir former leur successeurs polonais avant d'être remerciés. Une mesure inhumaine ? Pour Thierry Cormerais, salarié du groupe à Saint-Herblain et délégué central CFDT, ça ne doit pas cacher le plus important : l'ampleur des licenciements.

Le fait que la direction de Newell Rubbermaid demande à des salariés de former leurs remplaçants polonais avant d’être licenciés est inhumain et choquant. Mais quand ils seront là, nous n’aurons pas d’autre choix et le côté humain reprendra le dessus.

Ces Polonais sont des salariés du groupe Newell comme nous, ils sont payés deux fois moins cher que nous, ils n’y sont pour rien. C’est pourquoi j’aurais accepté de former mon remplaçant si j’avais été dans cette situation, au-delà de la prime de 1000 euros qui sera versée à ceux qui le feront, parce que je suis humain avant tout.

Un retour de bâton

Former des gens qui vont nous piquer notre boulot est contraire à la logique française, mais répond à la logique américaine du groupe. Il ne faut pas oublier qu’en 2009, lorsque Newell a décidé de fermer l’usine Parker à New Heaven (Royaume-Uni), une vingtaine de salariés en production de Saint-Herblain est allée là-bas pendant deux-trois mois pour se faire former aux technologies Parker par les futurs licenciés.

Aujourd’hui, c’est aux salariés des services clients de former des Polonais. Ce n’est pas un retour de bâton mais presque. Le groupe fonctionne comme ça.

Plusieurs collègues du service client, concerné par ces licenciements, m’ont dit qu’ils étaient prêts à effectuer ces formations. Il faut dire que la prime a aidé, tout comme le fait que cela se fasse sur une base volontaire. La direction ne peut pas forcer les gens dans tous les cas. Au final, seuls 3-4 des 13 salariés licenciés à Saint-Herblain seront amenés à former leurs successeurs polonais et même nombre pour Valence dans la Drôme.

Il ne faut pas oublier les 96 licenciés

Cette polémique sur la formation a été relayée par tous les médias. Mais il ne faut pas oublier le principal : nous allons subir 96 licenciements en France, dont 75 à Saint-Herblain. Ce jeudi, lors de la manifestation, je disais à un collègue : "D’ici quelques jours, ils seront tous partis". Les départs se feront d’octobre à avril 2014. Ça va être dur les premiers jours, c’est sûr.

Sur Saint-Herblain, le service client et le service "cadeaux d’affaire" vont disparaître complètement. Ce dernier est situé au milieu de l’usine, ça va faire un grand vide et donc obligatoirement être traumatisant. Ce sont des gens que l’on voit tous les jours, on devra continuer à faire tourner la boutique sans eux.

Cela fait maintenant 24 ans que je suis à Waterman, on a toujours eu des rebondissements, des plans de licenciements. Tout le monde dit : à qui le tour ? Aujourd’hui j’ai 54 ans. Je me prépare à ce que quelqu’un me remplace peut-être un jour comme tourneur-outilleur au service production.

De 1000, nous allons passer à 400

Nous étions 1000 sur le site au début des années 90, on va se retrouver à 400. À Valence, lorsqu’il y avait encore Reynolds, ils étaient presque 400. Aujourd’hui ils ne sont plus qu’une cinquantaine et ils vont se retrouver à 30 prochainement.

Des avancées conséquentes ont tout de même été obtenues entre le moment où le plan de licenciement (PSE) a été annoncé, en mars, et ce jeudi, comme l’ouverture de l’ATD (allocation temporaire dégressive) à tous contrats de travail (CDD, comme intérimaires), ou encore l’augmentation de la prime transactionnelle, passée de 35.000 à 47.000euros jeudi grâce à la grève.

Nous attendons à présent les résultats de l’expertise et l’avis des CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) impactés qui sera donné le 13 septembre. Les élus au Comité central d'entreprise pourront ensuite donner leur avis le 24 septembre. Ce n’est qu’après cette date que la direction pourra envoyer les lettres de licenciements.

Source (nouvelobs.com)

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