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Risques psychosociaux au travail : 1 euro en prévention = 13 euros de bénéfice

 


La compilation est inédite. L'EU-Osha publie une synthèse d'études sur le coût des risques psychosociaux.

Les résultats illustrent la nécessité d'agir : la facture du stress au travail est exorbitante au regard des bénéfices que peuvent apporter les politiques de prévention. Les dépressions dues au travail coûtent 617 milliards d'euros par an.




 


La compilation est inédite. L'EU-Osha publie une synthèse d'études sur le coût des risques psychosociaux.

Les résultats illustrent la nécessité d'agir : la facture du stress au travail est exorbitante au regard des bénéfices que peuvent apporter les politiques de prévention. Les dépressions dues au travail coûtent 617 milliards d'euros par an.





En Europe, le chiffre le plus récent parmi les données synthétisées par l'EU-Osha (agence européenne pour la sécurité et la santé au travail) date de 2013 : il estime le coût des dépressions dues au travail à 617 milliards d'euros par an, soit quatre fois le budget de l'Union européenne (151 milliards d'euros en 2014). L'étude, portée par le projet européen Matrix, inclut plusieurs éléments expliquant ce total élevé : le présentéisme et l'absentéisme, qui coûtent 272 milliards d'euros chaque année ; la perte de productivité (242 milliards d'euros) ; les frais de santé (63 milliards d'euros) ; et les allocations pour inaptitudes (39 milliards d'euros). Le spectre de calcul est donc large. En regard, la seule étude de l'UE portant sur le stress au travail au sein de la zone euro, diffusée en 2002, estimait son coût à 20 milliards d'euros par an, soit 10 % de celui dû aux maladies professionnelles en général.

 

Des coûts estimés très variables

L'exercice d'estimation peut donc être vu comme périlleux car rassemblant des données et facteurs très divers. De fait, quelques études mises en avant, si elles illustrent le poids financier du non traitement des risques psychosociaux, avancent pourtant des résultats très différents. En Grande-Bretagne, en 2007, le Centre pour la santé mentale de Sainsbury a calculé le coût du stress, de l'anxiété et de la dépression chez les salariés britanniques. Celui-ci a été évalué à 1 220 euros par an et par salarié, dont 400 euros dû à l'absentéisme, 710 euros au présentéisme et 110 euros au turn-over. Des chiffres élevés à prendre avec une grande prudence. Car une autre étude britannique, datant de 2001, minore grandement l'évaluation précédente. Elle affirme que le coût du stress s'établit à 220 euros par an et par salarié, tout en n'incluant pas la perte de productivité ni le turn-over.

 

Un coût porté par les systèmes de santé publique

Plus généralement, le rapport de l'Osha reconnaît que les analyses varient fortement selon les critères utilisés et les pays ciblés. Au final, cette compilation donne néanmoins à voir la place des risques psychosociaux dans le bilan économique des pays européens et des entreprises. Le rapport note d'ailleurs que, "les résultats [des différentes études en Europe] suggèrent que le coût lié au stress au travail et aux risques psychosociaux payé par la société et les organisations est considérable". En Europe, il est majoritairement financé par les systèmes de santé publique.

 

Un euro en prévention = 13 euros de bénéfice

L'étude européenne ne s'arrête pas au constat, et tente d'évaluer les conséquences positives des politiques de prévention. Elle estime que, en fonction des différentes enquêtes nationales étudiées, investir 1 euro dans la prévention et la sensibilisation génère un bénéfice net de plus de 13 euros. Le rapport met en exergue une étude néerlandaise effectuée en 2007 au sein de la police. Selon les calculs, un investissement de 3 millions d'euros dans la prévention des risques psychosociaux a fait baisser l'absentéisme de 3 % au bout de quatre ans et a permis une économie de 40 millions d'euros. La prévention est un placement extrêmement rentable.

 

Deux études en France

Le rapport européen cite deux études françaises qui tentent d'estimer le coût des risques psychosociaux dans l'Hexagone. La première, publiée en 2005 en se basant sur des données de 2000 (Bejean et Sultan-Taieb), estime que l'intensité au travail ("job strain") et ses conséquences en terme de stress mène à un coût pour l'économie compris entre 1,17 et 1,97 milliards d'euros. Cela comprend les frais médicaux (413 millions d'euros), les arrêts maladies (279 millions d'euros), la perte de productivité due à une mortalité précoce avant la retraite (474 millions d'euros) et la baisse d'espérance de vie (954 millions d'euros). Plus récemment, l'INRS a également chiffré ce coût. Résultat : une fourchette comprise entre 1,9 et 3 milliards d'euros annuels (basé sur des données de 2007) (voir notre entretien avec un des auteurs de l'étude). Soit entre 15 % et 25 % du déficit de la Sécurité sociale…

 

 

 

Source : (actuel-hse.fr)


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