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Prime à la démission chez Amazon : les élus demandent un CCE extraordinaire

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Amazon, qui emploie 4 000 personnes en France, propose une prime pour inciter son personnel à démissionner. Les élus du comité central d'entreprise s'étonnent de n'avoir pas été informés de cet étonnant dispositif et réclament un CCE extraordinaire.

Offrir une prime en cas de démission mais hors du cadre de la rupture conventionnelle : c'est l'étonnant dispositif lancé par Amazon. Cette opération mondiale, baptisée "The Offer", est déclinée en France du 23 janvier au 5 février 2017 : les salariés en CDI depuis au moins un an, et qui ont un projet professionnel (création d'entreprise, par exemple), peuvent bénéficier d'une prime en cas de démission. Son montant varie de 2 000€ à 8 000€. Présentée ainsi, cette opération pourrait s'apparenter à un PSE déguisé dans la mesure où elle constitue une incitation au départ qui peut concerner de nombreux salariés. C'est d'ailleurs bien ainsi que le perçoivent les représentants du personnel de cette entreprise logistique, leader sur le marché des achats numériques, qui emploie près de 4 000 personnes sur quatre sites en France, à Saran (Loiret), Montélimar (Drôme), Sevrey (Saône-et-Loire) et Lauwin-Planque (Nord), un nouveau site étant annoncé à Amiens (Somme). "N'est-pas pour eux l'occasion de faire partir certains salariés ?" s'interroge Christophe Bocquet.

Nous demandons un CCE extraordinaire sur cette question

Ce dernier est trésorier du CE du plus gros site d'Amazon en France, créé à Lauwin-Planque, près de Douai, en 2013, et qui a vu son effectif passer de 650 à 1 100 CDI cette dernière année, signe de l'insolent dynamisme de l'entreprise. Christophe Bocquet est également secrétaire du comité central d'entreprise (CCE), qui coiffe les différents CE. Il a demandé à sa direction la convocation d'un CCE extraordinaire sur "toutes les questions que nous nous posons" sur ce dispositif, nous explique-t-il. L'élu CFDT, le premier syndicat de son site (65% des voix) devant la CGT (35%) mais aussi de l'entreprise (la CFDT fait 47% des voix), a également saisi l'inspection du travail de sa démarche. Il attend pour l'instant la réponse de la direction. Et précise qu'il ne dispose d'aucun élément chiffré sur ce dispositif. Fait étonnant, cette opération n'est pas nouvelle : lancée au niveau mondial en 2012, elle semble s'appliquer depuis 2014-2015 en France. "La direction affirme qu'elle a fait l'objet d'une information consultation en 2014. Je ne suis élu que depuis 2015 mais j'ai vérifié sur les procès verbaux : cette question n'a pas été abordée en tant que telle, mais à l'occasion du projet Amazon carrières, qui vise notamment le financement des salariés qui reprennent leurs études", poursuit le secrétaire du CCE.

 Il reste très difficile d'obtenir des informations

Sur son site, Amazon n'a de cesse de mettre en avant son "engagement social" en faveur d'associations caritatives et se félicite d'avoir été distinguée par les consommateurs comme "l'enseigne préférée des Français". Mais les élus critiquent, eux, l'envers du décor. Dans cette entreprise très jeune (une vingtaine d'années de moyenne d'âge) où il est donc difficile de faire s'engager les salariés dans un syndicat et a fortiori dans un mandat, le dialogue social reste un défi. "On pourrait penser que les conditions de travail seraient meilleures chez le numéro un mondial de l'e-commerce", constate Christophe Bocquet qui cite un budget d'activités sociales et culturelles limité pour une entreprise de cette taille et surtout des échanges heurtés concernant les prérogatives économiques des instances. "Le dialogue est souvent très difficile car il nous faut sans cesse redemander des informations manquantes, réunion après réunion", déplore l'élu. Pas vraiment en ligne, le dialogue social...

Bernard Domergue actuel.ce.fr (lire l'article original)