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Pôle emploi craque

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altPARIS (AP) — La création de Pôle emploi en 2008 a été une décision "non préparée et mise en oeuvre de manière brutale et technocratique", estime Gaby Bonnand, président CFDT de l'UNEDIC et administrateur de Pôle emploi, en fin de mandats, dans son livre "Pôle emploi. De quoi j'me mêle?", à paraître jeudi.

Il plaide pour une réorientation vers un véritable accompagnement des chômeurs et mise sur la nouvelle convention qui cadre les missions de Pôle emploi pour la période 2012-2014.

 

altPARIS (AP) — La création de Pôle emploi en 2008 a été une décision "non préparée et mise en oeuvre de manière brutale et technocratique", estime Gaby Bonnand, président CFDT de l'UNEDIC et administrateur de Pôle emploi, en fin de mandats, dans son livre "Pôle emploi. De quoi j'me mêle?", à paraître jeudi.

Il plaide pour une réorientation vers un véritable accompagnement des chômeurs et mise sur la nouvelle convention qui cadre les missions de Pôle emploi pour la période 2012-2014.

Sillonnant la France durant un an, jusqu'à la fin 2011, entre deux conseils d'administration, des réunions de Bureau de l'UNEDIC ou de séances de négociations nationales, il raconte au travers de ses visites de terrain les difficultés des agents de Pôle emploi et des chômeurs face à une administration dont l'objectif leur semble être de faire "du chiffre".

Le langage adopté à Pôle emploi apparaît d'ailleurs transposé du secteur bancaire. On parle ainsi de "back-office" pour les agents chargés d'instruire les dossiers, et de "front-office", pour ceux qui reçoivent les demandeurs d'emploi et sont à leur contact.

Quant au nombre de chômeurs que chaque agent doit suivre au travers du SMP (Suivi mensuel personnalisé, en principe 60 chômeurs par agent), il s'agit d'un "portefeuille", qui a une certaine "volumétrie".

Et sur le terrain, ça coince. "La crise est arrivée en pleine construction de Pôle emploi (...) Le système est fortement perturbé. Le nombre de demandeurs d'emploi par agent -qui n'a jamais été de 60, mais plutôt de 100 à 130-, passe dans la plupart des cas entre 250 et 300, pour atteindre parfois, dans certaines agences, 500", rapporte-t-il notamment de sa visite à Besançon en novembre 2010.

"Les gens ne supportent pas qu'on les convoque plusieurs fois pour leur dire la même chose et ne rien leur proposer. En fait, on traite des dossiers, on n'accompagne pas des individus", témoigne un agent. Une autre salariée de Pôle emploi explique: "On l'appelle Suivi mensuel personnalisé (SMP), mais il n'y a plus rien de mensuel et de personnalisé. Dans SMP, le M et le P sont de trop et le S se résume à un suivi de contrôle et par téléphone très souvent".

Les agents se plaignent également des modalités de l'Entretien d'inscription et de diagnostic (EID), qui marque l'arrivée d'un demandeur d'emploi dans une agence. Passionnés par leur métier, beaucoup se disent dépassés, priés de "tout faire" sans avoir bénéficié de la formation adéquate lors de la fusion entre l'ANPE (chargée du placement et du suivi) et les antennes ASSEDIC (chargées de l'indemnisation).

"Il faut sortir de la culture du chiffre. Nous n'avons pas la même approche du travail avec les directions nationale et régionale. Pour eux c'est le chiffre, pour nous c'est l'intermédiation", témoigne un agent d'Angers. "De plus en plus nous avons une industrialisation de notre travail", dit encore un autre.

"Mon référent Pôle emploi a bien identifié ce qu'il me fallait, mais ça a toujours été rapide. Ils n'ont pas le temps de discuter à fond. J'avais l'impression qu'ils étaient tous soumis au rendement", déplore de son côté un chômeur.

Autre visite, à Lyon où Gaby Bonnand constate: "Des responsables de l'agence aux conseillers, les nerfs de tous sont mis à rude épreuve par les décisions qui descendent d'en haut, trop souvent sans délai suffisant d'adaptation".

Et au niveau national, "ce qui est décevant, frustrant même, c'est qu'il n'y a aucun vrai débat sur les questions posées. C'est vrai sur le sujet du SMP, mais c'est vrai également sur les autres questions soulevées", témoigne M. Bonnant lors d'un Conseil d'administration de Pôle emploi fin 2010. "Une sorte de rouleau compresseur est en route. On a du mal à en connaître les manettes ou le volant, voire le pilote".

A l'occasion du vote du budget 2011, "je suis incapable de dire l'objectif commun que tous ceux autour de la table veulent assigner à Pôle emploi. Pire, j'ai la désagréable impression qu'on ne nous demande qu'une chose: que Pôle emploi coûte le moins cher possible", raconte-t-il aussi. "Alors dans ces conditions, comment adopter un budget dont les bases sont contraires à une recherche d'efficience du service public de l'emploi"?

Il déplore également le "désengagement de l'Etat", dans "le financement de Pôle emploi", qui "met à mal un opérateur quelque peu déstabilisé. L'augmentation du chômage et la fusion ANPE-ASSEDIC menée au pas de charge l'ont fragilisé".

Et pourtant, M. Bonnand se dit "optimiste". "J'ai la ferme conviction que les choses sont améliorables. Il suffit d'être à l'écoute des idées et de la détermination qui émanent des salariés ou des usagers de Pôle emploi pour s'en convaincre. Encore faut-il prendre le temps d'écouter et de bâtir les propositions". AP

-"Pôle emploi. De quoi j'me mêle?" de Gaby Bonnand. Editions de l'Atelier. 144 pages, 18 euros.

 

source: tempsreel.nouvelobs.com

 

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