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Plutôt heureux au travail

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altAprès avoir interrogé plus de 13 000 salariés, la CFDT rejette l'image misérabiliste pour montrer que le travail n'est pas qu'une souffrance, Patrick Pierron est secrétaire national de la CFDT, en charge de la vie et de la santé au travail. Il a piloté l'enquête « Agir sur le travail ».« Sud Ouest Dimanche ».

Selon votre étude, les Français seraient satisfaits de leur travail.

Patrick Pierron. Nous avons tout de même relevé qu'il y en a 30 % qui se disent insatisfaits, soit d'un aspect de leur travail, soit parce qu'ils souffrent, ce qui n'est pas négligeable sur 13 000 réponses. Face à cela, 70 % se disent effectivement attachés à leur travail.

Le taux de satisfaction est loin d'être uniforme.

altAprès avoir interrogé plus de 13 000 salariés, la CFDT rejette l'image misérabiliste pour montrer que le travail n'est pas qu'une souffrance, Patrick Pierron est secrétaire national de la CFDT, en charge de la vie et de la santé au travail. Il a piloté l'enquête « Agir sur le travail ».« Sud Ouest Dimanche ».

Selon votre étude, les Français seraient satisfaits de leur travail.

Patrick Pierron. Nous avons tout de même relevé qu'il y en a 30 % qui se disent insatisfaits, soit d'un aspect de leur travail, soit parce qu'ils souffrent, ce qui n'est pas négligeable sur 13 000 réponses. Face à cela, 70 % se disent effectivement attachés à leur travail.

Le taux de satisfaction est loin d'être uniforme.

Le taux de satisfaction n'est pas linéaire du 1er janvier au 31 décembre. En fonction des questions, on identifie des leviers de satisfaction comme la reconnaissance ou l'autonomie au travail, mais tout peut évoluer : on n'est pas satisfait ou insatisfait à vie. Cela dépend d'un modèle de management, d'une organisation, d'une incompréhension, qui ne sont pas définitifs. Sur certains points comme la reconnaissance ou l'écoute, la satisfaction dépend de la place qu'a le salarié dans le processus de décision. Plus on est manager ou cadre, plus on est content de ses fonctions ; plus on est ouvrier ou catégorie B dans la fonction publique, plus on subit le travail sans y être impliqué.

Votre baromètre inclut-il la souffrance ?

Ainsi que la pénibilité. Mais nous n'avons pas posé les questions sous cette forme. Elles ont été élaborées pour qu'elles n'induisent pas automatiquement les réponses. Sur la pénibilité, la question était formulée ainsi : « Je me sens capable de faire le même travail jusqu'à ma retraite ». Quand on s'occupe, par exemple, de la découpe de volailles dans un abattoir, on répond « non », ce qui montre un problème de pénibilité physique.

Quelle leçon en tirez-vous ?

Par rapport à toute la littérature qui est parue sur le travail entre 2008 et 2009, on a voulu mesurer qu'il pouvait être autre chose que de la souffrance. Le baromètre dit que pour 70 % des salariés, le travail est une reconnaissance sociale et sociétale. Il permet de se réaliser et donne le sentiment d'être utile en participant à quelque chose.

Ce baromètre nous permet de mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Nous avons ainsi défini quatre thèmes que nous avions déjà identifiés durant la décennie passée : l'écoute de la parole du salarié ; son autonomie, parfois vécue comme un stress ; la place et le rôle de son manager de proximité ; plus on monte dans la hiérarchie, le mélange entre temps de travail et vie familiale, à cause des nouvelles technologies de communication comme Internet et les iPhone.

Nous pouvons ainsi nous adresser à tous les salariés, et pas seulement à ceux qui souffrent, sans nier leur existence.

Aujourd'hui, le fait d'avoir un travail n'est-il pas déjà une satisfaction ?

Les organisations syndicales ont connu le travers de revendiquer des emplois en priorité, en oubliant de s'adresser à ceux qui avaient un travail. Ce qui ressort de notre baromètre, c'est qu'ils ont de fortes attentes par rapport à leur emploi et qu'ils sont souvent démotivés par l'écart entre la représentation idéale qu'ils en ont et leur vécu au quotidien. Ils demandent clairement à être plus impliqués, c'est une preuve de leur attachement au travail.

Le mardi 13 décembre est un jour de mobilisation intersyndicale contre la rigueur. Le temps n'est-il pas passé de ce genre de manifestation ?

Depuis quinze jours, les syndicats sont allés à la rencontre des salariés pour les écouter et les informer de leurs actions. Cette semaine, la Confédération européenne des syndicats a interpellé le Conseil européen réuni en sommet. Le 13 décembre est le point d'orgue symbolique, sans grèves ni manifestations. Dans certaines régions, cela se matérialisera cependant par des rassemblements.

Nous avons préféré faire des propositions plutôt que de la contestation pure et simple, parce que les salariés n'ont pas l'esprit à cela pour l'instant.

 http://www.sudouest.fr/2011/12/11/plutot-heureux-au-travail-577785-4688.php