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Plan social chez Alcatel-Lucent : “C’est une trahison”

chsctLe groupe a annoncé la suppression de 900 postes en France. "Consternation" et "écoeurement" dominent chez les salariés à Rennes et Orvault.
Ils sont "écoeurés", la mine consternée. Les salariés d'Alcatel-Lucent encaissent difficilement mardi 8 octobre la perspective de fermeture et de cession des sites de Rennes et Orvault (Loire-Atlantique), une nouvelle que beaucoup d'entre eux ont apprise à leur réveil, par la radio.

chsctLe groupe a annoncé la suppression de 900 postes en France. "Consternation" et "écoeurement" dominent chez les salariés à Rennes et Orvault.
Ils sont "écoeurés", la mine consternée. Les salariés d'Alcatel-Lucent encaissent difficilement mardi 8 octobre la perspective de fermeture et de cession des sites de Rennes et Orvault (Loire-Atlantique), une nouvelle que beaucoup d'entre eux ont apprise à leur réveil, par la radio.

"C'était vraiment le choc ce matin", assure Jacky Viel, 50 ans, ingénieur en recherche et développement sur le site de Rennes, qui doit fermer courant 2014. "Pour l'instant, les gens ne sont pas dans la perspective de trouver des solutions, mais juste dans la perspective de digérer l'information", explique-t-il.

"La motivation est quelque peu altérée", tente-t-il de sourire, devant un parking du personnel plus clairsemé que d'habitude. "On ne se projette pas dans l'avenir, on va tout faire pour continuer à se battre pour le site de Rennes et ses activités, essentielles pour le groupe", assure pour sa part une collègue, qui souhaite rester anonyme.

Pour les salariés de Rennes et d'Orvault, l'annonce de la restructuration est d'autant plus mal vécue que leurs unités fabriquent notamment des produits pour la 4G, présentée comme une technologie porteuse.

"L'histoire se rejoue"

A Rennes, arrivés silencieux et le visage fermé vers 8h30, refusant de parler à la presse, une petite quarantaine de salariés - sur les 110 que compte le site d'ingénierie rennais - se sont ensuite regroupés vers 10 heures devant le petit immeuble d'Alcatel.

"On ne peut pas travailler", témoigne Pascal, 52 ans, une cigarette à la main. "Même si on s'y attend, le jour où ça arrive, ça fait un choc, c'est difficile à encaisser", affirme cet ingénieur qui, comme de nombreux autres salariés, a déjà vécu la fermeture du site voisin de Cesson-Sévigné, dans la banlieue de Rennes, en 2007.

La perspective d'un éventuel redéploiement à Lannion (Côtes d'Armor) n'enchante guère les salariés rennais. "On ne pourra pas faire le trajet tous les jours, et puis d'un point de vue familial, on ne laisse pas tout tomber comme çà, comme à 25 ans", ajoute ce père de deux enfants.

A Rennes, où la moyenne d'âge est de 40 ans, l'avenir est jugé très "sombre" par les salariés.

"L'histoire se rejoue six ans après" la fermeture de Cesson, explique Thierry Honoré. "Sauf qu'entre temps, pas mal d'entreprises ont fermé et on a six ans de plus : à bientôt 50 ans, ça va pas être facile de retrouver un travail".

"Et faire des plans sociaux" quelques années après "s'être installés dans un siège tout près de la tour Eiffel, c'est indécent!", relève Catherine, une quinquagénaire, stigmatisant par ailleurs une "communication de bas étage" de la direction.

Pour Alain Nestour, depuis 22 ans à Alcatel, le constat est amer: "on travaille sur la 4G depuis 2008, et on va nous foutre à la porte".

Grève à Orvault

A Orvault, où le site employant 510 personnes est voué selon la CFDT à être cédé d'ici fin 2015, quelque 350 personnes "consternées et écoeurées" se sont rassemblées dans la journée devant le site. Lors d'un vote, les salariés ont décidé de ne pas reprendre le travail mercredi.

"C'est une trahison", a commenté Gaël Clément, délégué CFDT et président de la commission économique du CCE Alcatel Lucent France. "Depuis des années, les salariés se battent pour être et rester dans les technologies d'avant-garde : 4G, réseaux IP. Ils le font, ils se forment, font tous les efforts pour ça... Aujourd'hui, 90% de nos activités sont sur les activités qui sont stratégiques pour le groupe (...) Donc, c'est une trahison de la part d'Alcatel de mettre Orvault en dehors d'Alcatel."

Dans un communiqué, le conseil régional des Pays-de-la-Loire, le conseil général de Loire-Atlantique et la ville de Nantes ont annoncé mardi qu'ils "exigent de la direction d'Alcatel-Lucent France de renoncer à ce plan et de préserver l'emploi en France et notamment sur le site d'Orvault".

Selon eux, en janvier 2013, "le PDG du groupe (Michel Combes) s'engage auprès des élus locaux, lors d'une rencontre à Nantes, à maintenir le site d'Orvault à court et moyen termes. Ces engagements ont explicitement été pris par la direction d'Alcatel Lucent France. Ils doivent être tenus".

Source (tempsreel.nouvelobs.com)

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