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Le cadre de La Poste qui s’est suicidé dimanche avait documenté son geste

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altLe cadre de La Poste qui s'est suicidé dimanche dans le Finistère avait préparé son geste, laissant une série d'écrits bouleversants dans lesquels il accusait l'entreprise d'être à l'origine de sa "perte de repères" et faisait part de ses dernières volontés. Dans ces documents, transmis mercredi à l'AFP par le syndicat SUD, Bruno P., le cadre quadragénaire, marié et père de deux enfants, explique notamment qu'il "considère la hiérarchie de La Poste (à tous niveaux) à l'origine de (s)a perte de repères".

"Depuis plus de trois ans, j'ai l'impression d'un acharnement, d'une volonté hiérarchique de m'acculer", ajoute le cadre qui était en arrêt maladie au moment du drame. "Laissez-moi partir, c'est mon choix", explique-t-il dans une note baptisée "Mes demandes", dans laquelle il dit refuser toute réanimation, être prêt à donner ses organes et réclame une inhumation "dans l'intimité familiale" sans "aucun représentant de la hiérarchie de l'entreprise, ni aucun message de cette même hiérarchie". Dans une autre note baptisée "Annexe", il demande si une pension pour sa famille est "envisageable", "en obtenant que (s)on geste désespéré soit requalifié en accident de travail".

altLe cadre de La Poste qui s'est suicidé dimanche dans le Finistère avait préparé son geste, laissant une série d'écrits bouleversants dans lesquels il accusait l'entreprise d'être à l'origine de sa "perte de repères" et faisait part de ses dernières volontés. Dans ces documents, transmis mercredi à l'AFP par le syndicat SUD, Bruno P., le cadre quadragénaire, marié et père de deux enfants, explique notamment qu'il "considère la hiérarchie de La Poste (à tous niveaux) à l'origine de (s)a perte de repères".

"Depuis plus de trois ans, j'ai l'impression d'un acharnement, d'une volonté hiérarchique de m'acculer", ajoute le cadre qui était en arrêt maladie au moment du drame. "Laissez-moi partir, c'est mon choix", explique-t-il dans une note baptisée "Mes demandes", dans laquelle il dit refuser toute réanimation, être prêt à donner ses organes et réclame une inhumation "dans l'intimité familiale" sans "aucun représentant de la hiérarchie de l'entreprise, ni aucun message de cette même hiérarchie". Dans une autre note baptisée "Annexe", il demande si une pension pour sa famille est "envisageable", "en obtenant que (s)on geste désespéré soit requalifié en accident de travail".

Parmi les documents, figure également un courriel adressé au PDG de La Poste, Jean-Paul Bailly, et daté du 11 mars, soit le jour de sa mort mais non envoyé. Dans ce mail, dont l'objet est "SOS", le cadre se dit "dos au mur" et considère que sa "carrière à La Poste est terminée", disant redouter, "dans le meilleur des cas", une mise au placard. "Cela fait deux fois en moins de six mois que je prépare mon suicide", écrit-il.

"COMMENT LA POSTE L'A DÉTRUIT"

Patrice Campion, délégué SUD dans le Finistère, a expliqué que dans le courriel adressé le jour de sa mort aux organisations syndicales, Bruno P. indiquait avoir "laissé d'autres documents chez lui" pour la CGC, la CFDT, SUD et la CGT. Il a expliqué avoir récupéré ces documents mardi. "On nous a remis une chemise, une pochette où tout était préparé. Dans ces documents figurait une série de courriers, des compte-rendus d'entretiens et deux CD, l'un avec des vidéos et un autre avec plein d'autres documents dont des enregistrements audio d'entretiens qu'il avait eus avec sa hiérarchie", a expliqué M. Campion.

Pour Régis Blanchot (SUD), ces documents, dans lesquels le cadre "explique comment La Poste l'a détruit" prouvent le lien entre le drame et le travail. Une réunion du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) devait se tenir localement mercredi. Selon M. Campion, les syndicats vont notamment demander que le suicide de Bruno P. soit reconnu comme un accident de travail. Après son geste, survenu dix jours après le suicide d'un autre cadre à Rennes, les syndicats de La Poste avaient dénoncé le mal-être des salariés du groupe qui compte environ 240 000 salariés. Ils avaient notamment mis en cause les réorganisations, suppressions de postes ou encore des méthodes managériales néfastes.

Hervé Tellier, responsable CGT, premier syndicat du groupe devant SUD, a réaffirmé mercredi que le syndicat réclamait "l'arrêt des réorganisations, un bilan de leurs effets sur la santé des agents et l'ouverture d'un chantier de négociations pour remettre l'humain au cœur de l'entreprise". Face à cette situation, la direction de La Poste a entamé un "cycle d'écoute et de dialogue sur la santé et le bien-être au travail". L'ensemble des syndicats doit être reçu par le PDG dans la semaine, à l'issue de quoi, La Poste prévoit de faire "une première série de propositions". Interrogée sur les documents liés au suicide de Bruno P. La Poste a indiqué qu'elle "se refusait à tout commentaire en ce jour des obsèques" du cadre.

DÉCLARATION EN "ACCIDENT DE SERVICE"

le CHSCT qui s'est tenu mercredi à Vannes à la suite de ce suicide a voté pour la reconnaissance de cet acte en "accident de service" et l'arrêt des réorganisations en cours ou prévues. La direction du courrier Ouest-Bretagne a indiqué qu'elle allait "déclarer le suicide en accident de service afin que la commission de réforme de La Poste en vérifie sa recevabilité". "Une enquête du CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail) devra être menée pour déterminer les causes qui ont conduit à ce drame", a-t-on indiqué de même source.

Dans un communiqué à l'issue de la réunion, les syndicats précisent aussi que le CHSCT va avoir "recours à un expert agréé sur les conséquences des réorganisations et pressions managériales". Cet expert va "aider le CHSCT à avancer des propositions de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail sur le Morbihan et le Finistère", selon la direction.

Source : le monde


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