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Le bien-être au travail, un “nouveau filon d’économies”

 

Beaucoup de dépenses pour pas grand chose. C'est ce qu'inspirent à nombre de chefs d'entreprises les programmes d'échauffement du corps avant la prise de poste et autres journées du bien-être au travail.

Sauf que ces stratégies d'amélioration de la qualité de vie dans l'entreprise peuvent rapporter gros. Les spécialistes du secteur réunis hier à Paris le voient tous les jours.
"C'est un vrai filon d'économie… Plus sûr que le gaz de schiste !" Les spécialistes du bien-être au travail, réunis hier à Paris en amont du salon Expoprotection, ont beau plaisanter, pléthore de chiffres le montrent : prendre en main le bien-être de ses salariés paie (voir notre article). C'est même un facteur de compétitivité. À condition d'aller plus loin que la stratégie du "pansement" qui consiste souvent à organiser une journée bien-être au travail dans son entreprise, et se sentir "tranquille pour un an".

 

 

Beaucoup de dépenses pour pas grand chose. C'est ce qu'inspirent à nombre de chefs d'entreprises les programmes d'échauffement du corps avant la prise de poste et autres journées du bien-être au travail.

Sauf que ces stratégies d'amélioration de la qualité de vie dans l'entreprise peuvent rapporter gros. Les spécialistes du secteur réunis hier à Paris le voient tous les jours.
"C'est un vrai filon d'économie… Plus sûr que le gaz de schiste !" Les spécialistes du bien-être au travail, réunis hier à Paris en amont du salon Expoprotection, ont beau plaisanter, pléthore de chiffres le montrent : prendre en main le bien-être de ses salariés paie (voir notre article). C'est même un facteur de compétitivité. À condition d'aller plus loin que la stratégie du "pansement" qui consiste souvent à organiser une journée bien-être au travail dans son entreprise, et se sentir "tranquille pour un an".

 

Amorti en deux à trois mois

Ce sentiment, Marjorie Dumont Crisolago le perçoit régulièrement chez les chefs d'entreprises qui s'adressent à elle pour du conseil en amélioration des conditions de travail. Pourtant, de concert avec les autres professionnels du secteur – ergonomes, consultants, formateurs HSE –, elle le voit tous les jours : un investissement dans le bien-être au travail sur la durée est rentabilisé "au bout de deux à trois mois", agissant notamment sur l'absentéisme. Faisant aussi chuter le nombre d'arrêts de travail, il serait "largement amorti en un an". Pas étonnant, quand l'on sait que le coût d'un arrêt de travail est en moyenne estimé à environ 15 000 euros par la société Bureau Veritas (3 000 à 5 000 euros en coût direct, et le triple voire le quintuple en coûts indirects).

 

+ 8% de croissance

Les statistiques donnent raison aux spécialistes : 91% des études sur le sujet montrent que les entreprises performantes socialement le sont aussi économiquement. Dans les entreprises où elle a vendu des "programmes d'échauffement" destinés à "préparer le corps avant la prise de poste", Marjorie Dumont Crisolago aurait constaté une hausse de la productivité atteignant parfois les 10 à 12%. Ces programmes sont mis en place pour deux ans, avec un suivi régulier et doivent avoir lieu tous les jours, pendant une dizaine de minutes, sous la houlette d'un coach extérieur ou d'un employé formé en interne. De son côté Bernard Rohmer, chef d'entreprise et président de l'association Mom21 (mouvement pour l'organisation et le management du 21e siècle) cite l'exemple d'une biscuiterie qu'il a visité et où la croissance aurait augmenté de 8% le jour où son dirigeant a décidé d'"arrêter les cadences et les objectifs sur une ligne" pour laisser de l'autonomie à ses salariés. Soit un changement total de "

 

Gain de temps, gains tout court

C'est là que réside tout le problème, pour Bernard Rohmer et ses homologues : malgré les chiffres et statistiques cités plus haut, les patrons qu'ils rencontrent "manquent de motivation" et n'ont pas envie de bouleverser l'organisation du travail qu'ils ont mise en place. Pendant ce temps, ceux qui osent et se lancent y trouvent même des gains plus inattendus. Le président de Mom21 évoque une entreprise suisse dont les ateliers sont en autogestion : "Quand il faut acheter une machine, ce sont les ouvriers qui vont la voir. Cela évite que l'entreprise se fasse refourguer une machine qui ne convient pas. Et ça libère du temps pour les patrons". Philippe Tessier, qui travaille pour Plantronics, revient pour sa part sur "les gains réels" que son entreprise a généré en aménageant son temps de travail et celui de ses collègues selon leurs convenances personnelles… Ne serait-ce qu'avec la revente des immeubles désormais non occupés.

 

Un risque zéro

Si cette démarche, qui s'apparente sous certains aspects au lean management, peut aussi déboucher sur l'apparition d'autres troubles chez les salariés – perméabilité des frontières entre vie privée et vie professionnelle (voir notre article), techno-dépendance (voir notre article), etc. –, de l'avis général, une “démarche volontariste” concernant le bien-être de ses salariés ne peut en tout cas “pas nuir à la croissance d'une entreprise”. Alexandre Jost, fondateur de la fabrique Spinoza, le “think tank du bonheur citoyen” le dit autrement : prendre “le chemin de la performance sociale” présente un risque… zéro. Un chiffre qui convaincra peut-être davantage les employeurs frileux que n'importe quel pourcentage de croissance à deux chiffres.

 

Manque à gagner

Alors que Bureau Véritas estime le coût d'un arrêt de travail à 15 000 euros (coûts direct et indirect), l'association internationale de la sécurité sociale a calculé qu'ils représentaient, avec les maladies professionnelles, 4,4% du PIB d'un pays développé. De son côté l'agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-Osha) estimait qu'en 2013, en Europe, l'absentéisme (et du présentéisme) avait coûté 272 milliards d'euros.

 

 

 

Source : (par Claire Branchereau, actuEL-HSE)


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