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La solitude accroît le risque d’accidents cardiovasculaires


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Alors que nous sommes plus de 7 milliards d’êtres humains sur la Terre, nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls. En janvier 2014, uneenquêtemenée par la Fondation de France révélait qu’un Français sur dix se sentait exclut, abandonné voire inutile.

Une solitude et un isolement social qui nuit gravement à la santé. En effet, selon une étudepubliée ce mardi dans la revue scientifiqueHeart,le manque de lien social est lié à un risque accru d’environ 30 % d’être victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou de développer une maladie coronarienne, soit les deux principales causes de décès dans les pays à hauts revenus.

Les chercheurs britanniques de l’université de York ont examiné une vingtaine d’études rassemblant plus de 181 000 adultes suivis entre 3 et 21 ans. Au cours de ces différents travaux, plus de 4 600 cas de cardiopathies coronariennes et 3 000 AVC ont été rapportés.


Effet comparable à l'anxiété et au stress

 

Les causes de ces pathologies sont multiples : hypertension artérielle, taux élevé de cholestérol ou diabète. Mais les chercheurs ont montré que la solitude et l’isolement social sont associés à un risque accru de 29 % de souffrir d’une crise cardiaque ou d’angine de poitrine, et un risque augmenté de 32 % d’être victime d’un AVC. Les scientifiques soulignent que ces effets dévastateurs sur le cœur sont comparables ceux de l’anxiété ou du stress au travail.

D’autres travaux ont également mis en évidence l’impact néfaste de la solitude sur le système immunitaire.Une étude présentée dansPNASen novembre 2015révélait que l’isolement social modifie l’expression des gènes impliqués dans les défenses immunitaires. Résultat : les personnes isolées sont plus vulnérables aux infections bactériennes et virales.

La solitude est donc une préoccupation majeure de santé publique.Une inquiétude qui doit mobiliser les pouvoirs publics, estime les chercheurs de l’université de York. Ils soulignent l’importance de tisser du lien social afin de reconnecter les individus et promouvoir le bien-être.


Le paradoxe des réseaux sociaux

 

Une volonté partagée par de nombreux Français. En juillet 2015, unsondage Ifopconduit pour la Fondation de France montrait que 7 personnes sur 10 étaient prêtes à s’investir dans des actions sociales pour rompre l’isolement. Malheureusement, les actes ne suivent pas. Plus de 60 % des Français interrogés reconnaissaient ne pas être impliqués dans une association.

Dans unéditorialaccompagnant l’étude publiée dansHeart, Julianne Holt-Lunstad et Timothy Smith de l’université de Brigham Young (Utah, Etats-Unis) soulignent un paradoxe. La multiplication des réseaux sociaux et la construction d’une vie sociale virtuelle n’ont pas rapproché les gens, bien au contraire. Leur apparition massive et fulgurante a profondément changé la manière dont interagissent les individus. « Les interactions sociales via les technologies ont-ils réduit ou remplacer les interactions en face-à-face et/ou altérer nos capacités sociales ? », se demandent les médecins sans pouvoir y répondre. Pour ces derniers, l’absence de liens sociaux doit être pris au compte par les professionnels de santé au même titre que les facteurs de risques reconnus pour évaluer l’état de santé de leurs patients.

 

 

Anne-Laure Lebrun (pourquoidocteur.fr)