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La sécurité des Cheminots mise en cause

TERGNIER - La sécurité des Cheminots devient un véritable casse-tête lorsqu’elle se heurte aux subtilités de la gestion par activité…

La logique comptable de la gestion par activité peut-elle mettre entre parenthèses la sécurité des cheminots ?


C'est en substance le sens du débat qui fait actuellement rage au sein du CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) de l'UP Traction de Tergnier.

TERGNIER - La sécurité des Cheminots devient un véritable casse-tête lorsqu’elle se heurte aux subtilités de la gestion par activité…

La logique comptable de la gestion par activité peut-elle mettre entre parenthèses la sécurité des cheminots ?


C'est en substance le sens du débat qui fait actuellement rage au sein du CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) de l'UP Traction de Tergnier.


En cause : l'état de surface du boulevard Salomon de Caus que doivent emprunter les agents pour prendre leur service au Dépôt.
Jalonné d'impressionnants nids-de-poule, il aurait eu raison, paraît-il, d'un certain nombre de pneus mais bien plus que les dégâts mécaniques, ce sont les risques encourus par les utilisateurs de deux roues qui inquiètent l'instance représentative du personnel.
La situation s'est à ce point dégradée depuis quelque temps que le CHSCT a déposé fin décembre un droit d'alerte auprès de l'inspection du travail.


Le représentant de la SNCF aurait dû mener immédiatement une enquête conjointe avec l'auteur de l'alerte et prendre toutes les dispositions nécessaires pour parer le danger mais… Rien.
Silence sur la ligne

Il aurait pu aussi contester la réalité du danger et réunir dans ce cas de figure un CHSCT extraordinaire dans un délai de 24 heures pour lui signifier sa position mais, là aussi, rien.
Alertée une seconde fois à la mi-janvier par ce silence, l'Inspection du travail a sommé le cadre responsable de l'unité de production et à ce titre président du CHSCT, Didier Sandron, de prendre les mesures qui s'imposent, mais… Toujours rien de concret.
Et pour cause : l'UP Traction de Tergnier n'a aucun budget à affecter à la réfection du boulevard Salomon de Caus. Qui plus est, son responsable Didier Sandron n'est même pas sûr qu'il lui incombe d'assurer cette réfection. « À force de soulever le problème, peut-être finirons-nous par voir un budget débloqué » explique t-il. La direction amiènoise de l'établissement planche sur le sujet mais les choses ne sont pas si simples : le montant d'une réfection sommaire est compris entre 5 et 10 000 €.
Pour mémoire, l'établissement a déjà déboursé l'an passé 8 000 € à cet effet.
Qui plus est, « nous ne sommes pas les seuls à utiliser cette voie d'accès » plaide Didier Sandron. « J'ai effectivement été alerté par le CHSCT de l'UP Traction mais si les autres CHSCT ne bougent pas, nous appartient-il à nous de prendre les choses en main ? »

Entreprise désintégrée

Il songe en particulier au Technicentre, dont certains agents empruntent le boulevard Salomon de Caus pour prendre leur poste près du Dépôt ; il songe encore au service Fret, aux aiguilleurs du poste D qui relèvent du service voyageurs et même… aux Belges de la société OSR installée à demeure sur le site ternois.
La situation rappelle du coup étrangement celle de l'hiver dernier lorsque plusieurs jours s'étaient écoulés avant l'intervention des équipes de déneigement en gare de Tergnier au motif que l'on négociait en coulisse la facturation de leur intervention entre les services Infrastructure et Voyageurs.

MENACE D'APPEL A L'EXERCICE DU DROIT DE RETRAIT
L’état de la route d’accès au dépôt des locomotives n’est pas le seul sujet d’inquiétude du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Pire : il serait significatif de la précipitation dans laquelle sont actuellement menées certaines réformes, à l’image de la généralisation du cadencement menée le 11 décembre dernier à grand renfort de changements de services et d’horaires. Si la hiérarchie cheminote, les élus locaux et les médias ont veillé à ce que la pilule passe bien du côté des usagers, il semble bien en revanche que l’on ait fait peu de cas des Cheminots eux-mêmes.
Sur le site de Saint-Quentin à titre d’exemple, les agents de conduite doivent, pour procéder au dégarage du matériel, emprunter des infrastructures tellement secondaires que l’état de leur aménagement semble avoir été relegué aux oubliettes : pistes enherbées, jonchée de détritus et plongées dans l’obscurité.
« Il suffirait pourtant de remplacer les ampoules défectueuses sur un mat d’éclairage mais cela ne figure sans doute pas dans les priorités de Réseau ferré de France » déplore un conducteur.
Devant l’accumulation de ces petites choses qui gâchent leurs nuits, les esprits, du coup, s’échauffent. Dans la foulée de l’exercice du droit d’alerte initié par Sud Rail, les autonomes de la FGAAC et la CFDT s’y mettent en menaçant d’appeler leurs troupes à exercer leur droit de retrait ; une procédure exceptionnelle prévue par le code du travail lorsque le salarié estime sa vie ou sa sécurité mises en péril par un danger imminent. Ils se sont en outre directement adressés également au vice-président du conseil régional de Picardie chargé des transports Daniel Beurdeley afin de l’inviter à faire valoir un « devoir d’ingérence » sur l’entreprise SNCF. « Nous ne pouvons accepter qu’une entreprise qui verse 230 millions d’euros de dividendes à l’Etat ne prenne pas la peine de consacrer quelques milliers d’euros à la sécurité de son personnel » prévient la FGAAC.

LE SPECTRE DU DEMENAGEMENT
Le sujet d’inquiétude n’est pas nouveau en soi. Voici quelques années déjà, des Cheminots s’en étaient émus auprès de la mairie qui, estimant ne pas avoir moralement le droit d’investir des deniers publics dans la réfection d’une voie privée, avait fait apposer à chaque extrémité du boulevard un panneau de restriction de la circulation aux seuls riverains, livreurs et employés en service. Un dégagement en bonne et due forme dans le camp de la SNCF qui néanmoins, persiste à se faire tirer l’oreille.
Jusque quand ? Jusqu’où ? Le commentaire de Didier Sandron en dit long sur un état d’esprit susceptible de renvoyer la résolution du problème sur un tout autre terrain : « si nous devons nous installer un jour à Saint-Quentin, le problème sera résolu de fait car je pense que le CD1 est en meilleur état que le boulevard Salomon de Caus. »


source: aisnenouvelle.fr/

 

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