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Indépendants : quand la maladie survient

chsctOn compte en France 2,3 millions de travailleurs indépendants, allant des professions libérales, aux exploitants agricoles, ou patrons de l'industrie et du commerce.
Cette population est très hétérogène, notamment en termes de risques professionnels. Un colloque sur leurs conditions de travail et la survenance de la maladie dans leur activité leur était consacré mercredi.

chsctOn compte en France 2,3 millions de travailleurs indépendants, allant des professions libérales, aux exploitants agricoles, ou patrons de l'industrie et du commerce.
Cette population est très hétérogène, notamment en termes de risques professionnels. Un colloque sur leurs conditions de travail et la survenance de la maladie dans leur activité leur était consacré mercredi.

Qu'ils soient exploitants agricoles, patrons de l'industrie, du commerce et des services, dirigeants de société ou issus de professions libérales, les indépendants représentent une population très hétérogène, en termes de niveau de qualification, de taille d'entreprise, de revenus mais aussi de risques professionnels. « Les travailleurs agricoles sont par exemple exposés à de nombreux risques cutanés et respiratoires du fait des produits phytosanitaires et du contact avec les animaux », rappelait mercredi Béatrice Geoffroy de l'InVs au colloque organisé notamment par le Gestes (Groupe d'études sur le travail et la souffrance au travail). De manière plus globale, les indépendants sont confrontés, au même titre que les salariés, à des risques de troubles musculosquelettiques, des risques psychosociaux et des risques spécifiques (rayonnements ionisants, produits chimiques etc). C'est pourquoi, face au développement du statut de travailleur indépendant et de la participation de ces travailleurs à des activités soumises à des règles particulières de sécurité, le législateur les a progressivement inclus dans le champ d'application des règles d'hygiène et de sécurité du code du travail (notamment pour les indépendants exerçant directement une activité sur un chantier de bâtiment ou de génie civil).

Mais que faire quand, au-delà de l'exposition aux risques, la maladie survient ?

Les indépendants face aux cancers
Le cancer est la première cause de mortalité en France, avec 365 000 personnes touchées par an. Mais il existe peu d'études sur le sujet en lien avec les travailleurs indépendants.

En 2010, l'enquête IndepCan a été lancée par l'Unité de recherche en sciences humaines et sociales (URSHS) de l'Institut Gustave Roussy (IGR) avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer et du Régime social des indépendants (RSI). L'objectif, rappelait mercredi Philippe Amiel, directeur de recherche à l'Institut de cancérologie Gustave Roussy, était de « formuler, en vue de leur expérimentation, des dispositifs de prévention et d'accompagnement visant à réduire les conséquences socio-professionnelles, socio-économiques et psycho-sociales du cancer chez les indépendants en activité. »
Il ressort de cette enquête, et des indépendants interrogés, que l'effet du cancer sur l'activité professionnelle est indissociable de l'effet du mode d'exercice professionnelle. « L'apparition de la maladie est une menace même sur l'activité de l'indépendant », indique Philippe Amiel. « Sitôt le diagnostic de cancer confirmé et les modalités du traitement déterminées, les travailleurs indépendants sont confrontés à une interrogation dont la détermination des réponses est d'emblée une urgence : comment assurer la continuité des activités de l'entreprise et sa pérennité ? », ajoute-t-il.
L'enquête montre également que même si des stratégies et des adaptations des travailleurs se font jour face à la maladie, de manière globale, les indépendants ne s'arrêtent pas de travailler, ce qui n'est pas sans risque pour eux et pour leur emploi au final.

Une méconnaissance grave de leurs droits
Quelles sont les conséquences de la maladie ? Selon Philippe Amiel, « plus de deux tiers des interrogés rapportent des séquelles impactant leur travail ».
De plus, « parmi les interrogés qui disent ne pas avoir changé d'activité, 30% sont en réalité dans une situation intermédiaire –encore en traitement, en attende d'une mise en invalidité, à la recherche d'un emploi salarié, ou en train de se retirer de la vie professionnelle tout en continuant, de manière parfois réduite ou contrainte, leur activité d'indépendant ».
Mais il ressort également de l'enquête IndepCan une méconnaissance grave des droits des indépendants en cas de maladie, « d'où l'importance de réfléchir à l'information et à la formation des indépendants concernant la protection sociale », souligne M. Amiel. « Car s'il existe des réunions d'informations obligatoires depuis la création du RSI (Régime social des indépendants) en 2008, tous les indépendants n'ont pas pu en bénéficier, notamment les anciens ». « L'information est, chez les indépendants, une démarche active », conclut le directeur de recherche.

Source (actuEL-HSE)

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