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Circulaire Guéant : “Moi, diplômé étranger, interdit de travail en France”

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altSuite à une circulaire signée par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant (photo) et parue le 31 mai, de nombreux étrangers diplômés en France ont vu récemment leurs demandes de permis de travail rejetées. Témoignages.

Une circulaire publiée par le ministère de l'Intérieur le 31 mai a appelé les préfectures à plus de rigueur sur la délivrance de permis de travailler aux étudiants étrangers. Par la suite, de nombreux diplômés étrangers - certains très qualifiés - n'ont pas pu obtenir de changement de statut (d'étudiant à salarié), bien que recrutés par des entreprises françaises. Malgré les tentatives du gouvernement pour rassurer à la fois les étudiants et les entreprises, la mobilisation ne faiblit pas. Une centaine de personnalités, ont lancé ce mercredi une pétition demandant "le retrait" de la circulaire Guéant.

FRANCE 24 a recueilli les témoignages de trois étudiants dont les projets ont été bouleversés par cette circulaire.

 

 

altSuite à une circulaire signée par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant (photo) et parue le 31 mai, de nombreux étrangers diplômés en France ont vu récemment leurs demandes de permis de travail rejetées. Témoignages.

Une circulaire publiée par le ministère de l'Intérieur le 31 mai a appelé les préfectures à plus de rigueur sur la délivrance de permis de travailler aux étudiants étrangers. Par la suite, de nombreux diplômés étrangers - certains très qualifiés - n'ont pas pu obtenir de changement de statut (d'étudiant à salarié), bien que recrutés par des entreprises françaises. Malgré les tentatives du gouvernement pour rassurer à la fois les étudiants et les entreprises, la mobilisation ne faiblit pas. Une centaine de personnalités, ont lancé ce mercredi une pétition demandant "le retrait" de la circulaire Guéant.

FRANCE 24 a recueilli les témoignages de trois étudiants dont les projets ont été bouleversés par cette circulaire.

 

 

Lily, 26 ans, Américano-Canadienne, titulaire d’un mastère spécialisé de l’ESCP-Europe.

"J’avais essayé il y a un an de passer du statut d’étudiant à celui de salarié. S’il n’y avait pas eu à ce moment là une confusion autour de ma date d’entrée en France, qui m’a valu le rejet de ma demande, je ne serais pas dans la situation où je me trouve actuellement.

J’étais alors en intérim dans l’entreprise qui m’avait accueillie en stage. Au mois de mai, elle m’a proposé un CDI. Ce poste avait été créé spécialement pour moi : ils cherchaient quelqu’un avec une culture anglo-saxonne et parlant à la fois le français et l’italien.  Mais l’administration demande de joindre à un dossier de changement de statut une attestation du Pôle emploi prouvant que l’entreprise qui a offert le contrat a bien cherché des candidats ressortissants de l’Union européenne. Il faut même joindre les CV reçus par l’entreprise. Celle-ci a donc publié une annonce et a rencontré des candidats, dont j’ai joint les CV à mon dossier. Cela a pris beaucoup de temps. Je n’ai pu envoyer mon dossier que mi-octobre alors que, normalement, j’aurais dû prendre poste durant l’été. On m’a opposé un refus le 10 novembre, dont je n’ai reçu la lettre que le 8 décembre. Nous avons normalement un délai de deux mois pour faire un recours, et là je n’avais plus que quatre semaines. J’ai bien entendu envoyé un recours dont j’attends toujours la réponse. Mon titre de séjour a lui expiré le 5 décembre. Mais comme je suis pacsée avec mon compagnon avec qui je suis depuis trois ans et demi, la préfecture m’a accordé un récépissé afin que je me rende à un rendez-vous, prévu en avril, pour un visa 'vie privée et familiale'.

Je n’ai pas eu de chance, j’ai pâti d’un mauvais timing. Le pire, c’est que plus je suis menacée de quitter la France, plus je me rends compte que je souhaite vraiment vivre ici, où je me suis construit une famille et les bases d’une carrière."

Abla, 24 ans, Marocaine, titulaire d’un master en Finances de l’Institut supérieur de gestion à Paris.

"Après l’obtention de mon master, en 2010, j’ai commencé à travailler en CDD dans une filiale de BNP Paribas. En mars, on m’a proposé un CDI. J’ai donc déposé un dossier de demande de changement de statut en juin, juste avant la publication de la circulaire. J’ai reçu un refus en octobre. Selon la lettre, mon métier ne fait pas partie de la liste des secteurs dits « en tension » et il y avait beaucoup de demandeurs d’emploi inscrits pour ce genre de poste. J’ai envoyé un recours dont j’attends toujours la réponse. Je n’ai pas encore reçu de lettre d’obligation de quitter le territoire. Pour l’instant, étant donné que je ne peux plus travailler, mes parents, qui sont au Maroc, m’aident financièrement. Mon titre de séjour expire le 24 janvier. Mais je ferai tout ce que je peux pour me battre et explorer toutes les options. Ce n’est pas de devoir rentrer au Maroc qui me contrarie. C’est de partir de cette façon, expulsée, alors que j’ai un CDI qui m’attend."

Nizar, 24 ans, Algérien, titulaire d’un master de l’École supérieure de physique et de chimie industrielle de Paris (ESPCI)

"J’ai obtenu un CDI chez Altran au début du mois d’août dernier, j’ai immédiatement déposé un dossier de changement de statut. Le 25 octobre, on m’a notifié un refus prétextant que mon métier n’était pas "en tension". Avec l’aide d’un avocat, mon entreprise et moi avons présenté un recours dans lequel nous avons joint des CV d’autres candidats français et européens au même poste que moi. J’attends toujours la réponse mais j’ai très peu d’espoir. Pour être honnête, j’en ai assez de cette situation où je ne peux pas travailler. Et quand je vois l’attitude du gouvernement avec les Français, je ne pense pas qu’il va se soucier d’une poignée d’étrangers. Je lâche l’affaire. J’ai décidé de rentrer en Algérie d’ici une vingtaine de jour et de chercher un emploi là-bas."