Espace
CHSCT

@Espace
CHSCT

Elu ?
Contactez-nous

Je découvre
Axium

Trop travailler peut conduire à la mort

chsctUn étudiant allemand a été retrouvé mort à son domicile. Stagiaire dans une des grandes banques de la City, il aurait enchaîné des journées de travail de plus de 16heures les trois jours avant son décès. Sans attendre les résultats de l'autopsie, certains ont d'ores et déjà pointé l'épuisement comme cause possible de la mort.

chsctUn étudiant allemand a été retrouvé mort à son domicile. Stagiaire dans une des grandes banques de la City, il aurait enchaîné des journées de travail de plus de 16heures les trois jours avant son décès. Sans attendre les résultats de l'autopsie, certains ont d'ores et déjà pointé l'épuisement comme cause possible de la mort.

Moritz Erhardt avait 21 ans. Cet étudiant stagiaire à la Bank of America Merrill Lynch de Londres a été retrouvé mort dans sa douche par un de ses colocataires, a-t-on appris par les médias britanniques. Une mort, pour certains, due au surmenage. Selon des témoignages, Moritz, qui devait terminer son stage dans une semaine, aurait en effet travaillé jusqu'à 6 heures du matin les trois jours précédant son décès.

Karoshi. C'est le terme qui désigne au Japon la mort par épuisement au travail. Il est apparu dans les années 1970 au pays du Soleil Levant alors que de plus en plus de morts subites étaient observées chez des travailleurs surmenés. Le premier cas concernait un jeune homme de 29 ans travaillant pour un grand groupe de presse japonais. Depuis, de nombreuses études ont montré comment la surcharge de travail et surtout la privation de sommeil qui en découle peuvent être délétères.
Selon Der-Shin Ke, neurologue taïwanais spécialiste du sujet, les deux facteurs principalement impliqués dans la survenue d'un karoshi sont des journées de travail trop longues et un stress important au travail. Mais les travailleurs qui ont des horaires décalés ou qui prennent un nouveau poste dans un environnement pauvre en interactions amicales ou familiales seraient aussi plus à risque.

«La littérature scientifique des dernières années montre clairement qu'accumuler un nombre d'heures de travail important a un impact majeur sur la santé à la fois psychique et physique», explique Valérie Langevin, de l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Les valeurs divergent légèrement selon les auteurs mais les risques seraient augmentés au-delà de onze heures de travail quotidiennes. Le système cardio-vasculaire serait particulièrement sensible aux perturbations du rythme veille-sommeil.
«Le métabolisme est également touché», relève Claude Gronfier, neurobiologiste à l'Inserm et auteur de Mécanismes du sommeil*. Utilisations de sucres, stockage de graisses, sécrétion d'hormones sont autant de paramètres qu'une dette de sommeil peut perturber, et de manière très aiguë. «Certains effets sont visibles après une seule nuit trop courte», remarque Claude Gronfier.

Le petit matin, une période de plus grande fragilité
Le spécialiste souligne que notre horloge biologique n'est guère compatible avec le travail de nuit ou qui nécessite de commencer très tôt. «Il est connu maintenant que le petit matin est une zone à risque, explique-t-il. Tout est alors fait pour maintenir le sommeil et c'est le moment le moins favorable pour solliciter l'organisme.» Le système cardiovasculaire serait particulièrement vulnérable dans ce créneau horaire, ce qui pourrait en partie expliquer que la plupart des accidents cardio-vasculaires ont lieu tôt le matin.

Trois études américaines portant sur des cohortes d'internes en médecine ont montré qu'accumuler les heures de travail n'est pas sans conséquence. «On a longtemps cru que les cadres ou les médecins pouvaient plus facilement gérer la privation de sommeil, relève Claude Gronfier. Ces travaux ont prouvé que même un travail très motivant n'aide pas à faire face à la dette de sommeil.» Le spécialiste dénonce aussi la croyance qui veut que l'on s'adapte à des horaires décalés ou à des charges de travail trop importantes.

Pour supporter le manque de sommeil, beaucoup de personnes, tous milieux professionnels confondus, auraient recours à des substances psychoactives. «Mais il faut cesser de fantasmer sur le banquier cocaïnomane, relève le Dr Barbara Broers, spécialiste de l'addiction aux Hôpitaux universitaires de Genève. Il n'est pas possible d'en consommer à long terme tout en restant efficace ; les employés le savent bien.» Le Dr Broers souligne par contre les méfaits de la caféine, substance psychoactive la plus largement consommée. «Beaucoup de ceux qui prennent beaucoup de café pour tenir le coup au travail deviennent aussi consommateurs de somnifères pour ensuite parvenir à dormir. C'est un véritable cercle vicieux.»

* Les Mécanismes du sommeil, sous la direction de Sylvie Royant-Parola, Joëlle Adrien et Claude Gronfier, aux éditions du Pommier

Les crises d'épilepsie sont très rarement mortelles
Des proches de Moritz Erhardt ont signalé qu'il souffrait d'épilepsie, information qui a conduit plusieurs médias à suggérer que le stagiaire serait décédé des suites d'une crise, causée par la privation de sommeil.

Les spécialistes le soulignent, les patients épileptiques doivent veiller à avoir une bonne hygiène de vie, ce qui inclut notamment d'éviter de se coucher tard ou à des heures très irrégulières. Le manque de sommeil peut en effet favoriser la survenue des crises.

«Une dette de sommeil modifie la sensibilité des neurones aux différents neurotransmetteurs, rappelle Claude Gonfrier, neurobiologiste à l'Inserm. Leur fonctionnement s'en trouve perturbé, ce qui peut intensifier les symptômes de certaines pathologies neurologiques telles que l'épilepsie.»
Il est cependant extrêmement rare qu'une crise d'épilepsie soit mortelle. Le risque majeur reste lié aux chutes qui accompagnent la perte de conscience consécutive à la crise. L'autopsie en cours permettra de déterminer si un traumatisme crânien est à l'origine du décès de Moritz Erhardt.

Source (lefigaro.fr)

Espace CHSCT, plateforme N°1 d'information CHSCT, édité par son partenaire Travail & Facteur Humain, cabinet spécialisé en expertise CHSCT et formation CHSCT