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Troisième plan cancer : la prévention devrait être accentuée

A l'occasion des rencontres de l'Institut national du cancer le 4 février à Paris, François Hollande a annoncé les grandes lignes du troisième plan cancer, qui couvre la période 2014-2019. Si l'accent a été mis sur la lutte contre les inégalités, le Président de la République a rappelé que les mesures de prévention étaient essentielles : "Un tiers des cancers est évitable, liés à l'environnement et aux comportements. Ces cancers sont trop nombreux dans notre pays et continuent à augmenter".

A l'occasion des rencontres de l'Institut national du cancer le 4 février à Paris, François Hollande a annoncé les grandes lignes du troisième plan cancer, qui couvre la période 2014-2019. Si l'accent a été mis sur la lutte contre les inégalités, le Président de la République a rappelé que les mesures de prévention étaient essentielles : "Un tiers des cancers est évitable, liés à l'environnement et aux comportements. Ces cancers sont trop nombreux dans notre pays et continuent à augmenter".


Le chef de l'Etat a particulièrement insisté sur les cancers liés au tabagisme, mais il a également annoncé des mesures pour chacun des principaux risques, et notamment les cancers liés au travail, qui touchent 14.000 personnes. "Deux millions de travailleurs sont exposés à des produits chimiques cancérogènes. Il faut encourager les substitutions", a-t-il déclaré.

Ce plan sera doté de 1,5 milliard d'euros, dont 730 millions consacrés à la recherche, la prévention et l'aide aux malades.

Pour Michèle Rivasi, eurodéputée EELV, ces annonces ne sont pas assez ambitieuses : "Face à l'explosion des cancers hormonodépendants, il faut accentuer la prévention environnementale et cesser de nier le lien entre cancers et pollutions (chimique, atmosphérique, exposition des travailleurs, amiante etc)".

Selon elle, une véritable politique de prévention des maladies liées aux comportements et à l'environnement doit être menée, à l'échelle nationale, mais aussi européenne. "Et ce, quelles que soient les pressions exercées par des lobbies puissants comme les industries du tabac, de l'alcool, de la téléphonie mobile (ondes électromagnétiques), ou encore les industries chimiques et singulièrement celle de l'agro-alimentaire (pesticides) et des emballages (perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A)".

La députée européenne regrette par ailleurs que la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens ne soit pas intégrée au plan cancer.


Une prise de conscience timide des enjeux environnementaux

La première conférence environnementale, en 2012, avait fait de la santé environnementale l'une de ses priorités. La feuille de route publiée à son issue prévoyait que des mesures concernant l'environnement soient inscrites dans ce troisième plan cancer. Cela faisait également partie des recommandations pour ce plan, remises par le professeur Jean-Paul Vernant, aux ministres de la Santé et de la Recherche en juillet 2013. Finalement, le troisième plan cancer reste timide sur ce sujet.

"La prévention des cancers liés à l'environnement, qu'il s'agisse de l'environnement professionnel ou de l'habitat devrait suivre de près la question des inégalités sociales. Ce n'est pas ou peu le cas", constatait le professeur d'hématologie à la Pitié Salpêtrière (Paris). Pourtant, ajoutait-il, "les données épidémiologiques récentes et les estimations de risque attribuent aux expositions environnementales un nombre important de décès par cancer".

Le seul risque environnemental encadré aujourd'hui est le radon. Le deuxième plan cancer (2009-2013), qui vient de s'achever, ne comportait "pas de mesures spécifiques relatives au contrôle de l'exposition environnementale". Pourtant, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a pointé du doigt plusieurs autres risques environnementaux : les champs électromagnétiques de radiofréquences sont classés comme possiblement cancérogènes pour l'homme depuis 2011, les moteurs diesel ont été classés la même année cancérigènes.

Le professeur Jean-Paul Vernant recommandait donc, pour le troisième plan cancer, de "diminuer les seuils tolérés d'exposition de la population aux sources environnementales polluantes". Il pointait particulièrement du doigt les sources de pollution atmosphérique urbaine et industrielle (dont les gaz d'échappement des moteurs diesel), les toxiques polluants des eaux (pesticides) ainsi que les perturbateurs endocriniens, dont les expositions devraient faire l'objet de mesures, selon lui.

Le plan prévoit de réduire l'exposition de la population aux polluants atmosphériques aux valeurs limites européennes définies en 2010 mais concrètement, prévoit peu de mesures. Il met l'accent sur la sensibilisation de la population à l'exposition aux particules fines et aux substances classées cancérogènes possibles.

Face à la méconnaissance des liens entre cancer et environnement, le professeur préconisait également d'augmenter la recherche dans ce domaine, via notamment la constitution de cohortes permettant de mesurer les effets des expositions environnementales et la caractérisation clinique et biologique des cancers d'origine potentiellement environnementale. Les études d'impacts sur la santé devraient également être renforcées.

Le plan prévoit effectivement de renforcer la recherche dans ce domaine, notamment sur les substances chimiques cancérogènes, les perturbateurs endocriniens et les particules fines.


Cancers professionnels : substances CMR et pesticides

Concernant les cancers professionnels, "les expositions anciennes à l'amiante sont encore responsables de l'essentiel des cancers reconnus avec 1.473 cas reconnus en 2010. Après l'amiante, les principales causes de cancers reconnus sont les poussières de bois (74 cancers indemnisés), les goudrons, huiles (63 cas indemnisés) et le benzène (41 cas indemnisés)", indiquait le rapport du professeur Vernant.

Cependant, ajoutait-il, la recherche a récemment identifié d'autres risques. Ainsi, l'exposition aux pesticides des agriculteurs a été soulignée par une expertise de l'Inserm en 2013, qui confirmait les liens entre une exposition à certains pesticides et certaines pathologies cancéreuses (leucémies lymphoïdes chroniques, lymphomes non Hodgkiniens, myélomes, mélanomes…).

L'hématologue recommandait donc de limiter les risques en lien avec l'activité professionnelle (usage des pesticides chez les agriculteurs, produits cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques dans l'industrie...). Les travailleurs agricoles antillais, exposés à la chlordécone, devraient être particulièrement suivis, selon lui.

Le plan prévoit quant à lui sensibilisation, formation et renforcement du suivi médical.




Source (actu-environnement.com)

 

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