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Propreté : les TMS toujours dans le viseur de la branche

 

 

Depuis 2010, le secteur de la propreté avec différents acteurs de la prévention des risques professionnels, s'efforce de lutter contre les troubles musculo-squelettiques. Une approche préventive discutée le 22 juin 2016, lors du 34e congrès national de médecine et santé au travail qui se tenait à Paris.


Secteur en plein essor, jugé prioritaire dans deux plans successifs santé-travail, "la propreté compte environ 35 963 entreprises, dont une majorité de petites entreprises et d'auto-entrepreneurs", selonPhilippe Jouanny, président de la fédération des entreprises de propreté Ile-de-France. 481 675 salariés y travaillent, dont 80% sont en CDI et 79% à temps partiel.

Travailleurs de l'ombre

Si le nettoyage des bureaux constitue encore le gros de leur quotidien professionnel, ces travailleurs de l'ombre, invisibles, interviennent partout, en milieu industriel, dans l'agroalimentaire, les services hospitaliers, les centres commerciaux, le nucléaire, etc. "Dans ces métiers, les risques professionnels sont liés à l'utilisation de produits toxiques, à l'organisation du travail en horaires décalés en partie à cause des exigences de la clientèle, au pourcentage élevé de temps partiel, mais aussi aux contrats multi-employeurs. Une population salariée vieillissante (une moyenne d'âge de 44 ans) soulève également des problèmes de maintien dans l'emploi", énonce Jean-Michel Sterdyniak, médecin du travail et membre du réseau Metranep (société de médecine du travail du Nord-Est parisien).

Deux fois plus de TMS

Sans grande surprise, les troubles Musculo-Squelettiques (TMS) constituent le risque majeur dans le secteur. Sur 1 224 maladies professionnelles reconnues pour 2014, la part des TMS est de 98 %. "Sur le tableau 57, l'indice de fréquence (le nombre de maladies professionnelles pour 1000 salariés) est le double dans la propreté de celui du régime général. Il s'élevait à plus de 4 en 2014, contre 2 dans le régime général et 3,5 dans le BTP", observe Hervé Sageot, ingénieur-conseil à la Cramif. "Toujours concernant le tableau 57, la durée moyenne des arrêts de travail est plus longue dans la propreté, 363 jours pour l'épaule contre 325 jours dans le régime général par exemple", poursuit-il.

Des fiches techniques et un réseau d'animateurs

En Île-de-France, un groupe de travail pluridisciplinaire (composée d'une poignée de Services de Santé au Travail, de Metranep, de la Cramif) a commencé à plancher sur la prévention des risques professionnels dans la propreté dès 2005. "Cette réflexion commune a abouti notamment à la rédaction de 9 fiches destinées à l'encadrement, pour les éclairer sur les risques du métier et les aider à la mise à jour du document unique", raconte Carole Bolot, de la Cramif. Un programme de prévention a été généralisé en 2010 par la FEP pour lutter contre les TMS, en partenariat avec la Cnamts, l'Inrs, l'Anact. Il s'appuie notamment sur la formation de 355 animateurs prévention TMS (APTMS), dans 374 entreprises qui représentent plus de 112 500 salariés. Selon une évaluation réalisée en décembre 2015, 47 % des dirigeants considèrent que la performance globale de leur entreprise s'est améliorée grâce à la démarche TMS. Pour 40 % d'entre eux, cette démarche a contribué à faire évoluer leurs relations avec leurs médecins du travail. En Nord Picardie, Patrick Benguigui raconte que "la Carsat a accompagné la branche dans le dispositif d'APTMS depuis 2011" (voir notre article).

Des obstacles pour le suivi médical

"Une approche préventive par branche professionnelle permet une mise en commun des connaissances entre différents acteurs (services de santé au travail, Cram, Carsat, INRS, etc). Surtout, elle donne du sens à des actions de prévention qui restent difficiles et aléatoires lorsqu'elles sont menées au niveau des entreprises", explique Jean-Michel Sterdyniak, en référence aux programmes de prévention lancés dans la propreté, avec la FEP (fédération des entreprises de propreté. Pour autant, plusieurs professionnels de la santé au travail soulignent que ce travail de prévention et le suivi médical, sont rendus difficiles du fait même de la nature de l'organisation du travail (sur plusieurs sites, avec des salariés multi-employeurs). Des leviers d'action restent aux mains des donneurs d'ordre, ce qui complique encore la donne. "La compétence incontournable à prendre en compte dans un projet de prévention, c'est le métier au sens large", conclut Christian Cail du Centre Médical InterentreprisesEurope (Cmie).

 

 

 

Par Sarah Delattre http://www.actuel-hse.fr/ (lire l’article original)