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Prévention des Risques Professionnels en Grande Distribution

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une-caisse-de-supermarche-2435763 1902La Grande Distribution (hypermarchés et supermarchés alimentaires ou de bricolage, …) est l’un des plus importants employeurs, avec près de 500 000 salariés y travaillant. Or, ce secteur se caractérise par un nombre élevé d’accidents de travail et de maladies professionnelles, liés notamment aux manipulations et manutentions manuelles qui en sont la principale cause, puis des chutes et glissades de plain-pied et les coupures avec les outils à main.

une-caisse-de-supermarche-2435763 1902La Grande Distribution (hypermarchés et supermarchés alimentaires ou de bricolage, …) est l’un des plus importants employeurs, avec près de 500 000 salariés y travaillant. Or, ce secteur se caractérise par un nombre élevé d’accidents de travail et de maladies professionnelles, liés notamment aux manipulations et manutentions manuelles qui en sont la principale cause, puis des chutes et glissades de plain-pied et les coupures avec les outils à main.

 

La Grande Distribution (hypermarchés et supermarchés alimentaires ou de bricolage, …) est l’un des plus importants employeurs, avec près de 500 000 salariés y travaillant. Or, ce secteur se caractérise par un nombre élevé d’accidents de travail et de maladies professionnelles, liés notamment aux manipulations et manutentions manuelles qui en sont la principale cause, puis des chutes et glissades de plain-pied et les coupures avec les outils à main.
Alors que le nombre d’accidents de travail diminue dans l’ensemble des secteurs d’activités depuis le début des années 90 (-23% pour le secteur Services, commerces et industries de l’alimentation et -36% pour le Régime général), cette baisse est plus faible dans les hypermarchés (-10% environ) et les supermarchés (-4%). (Source : Caisse nationale de l’Assurance Maladie - 2007)
La main est la partie du corps la plus fréquemment touchée (26% des accidents), suivie par le tronc (24%).


Par ailleurs, les douleurs dorsales et les lumbagos représentent une part importante des motifs d’accidents de travail : la Grande Distribution est aujourd’hui le secteur qui enregistre le plus grand nombre de troubles musculo-squelettiques (TMS) en volume.

La prévention des risques en Grande Distribution ne doit pas se contenter de satisfaire à l’obligation de remplir le Document Unique : la conception de l'espace du magasin, l’aménagement des lieux ou le mobilier, la formation du personnel s'avèrent fondamentaux pour diminuer l’exposition aux dangers, d’autant que, pour cette dernière action, le personnel est souvent jeune et inexpérimenté, avec un turn-over important.
Plus généralement, la prise en compte de l’ergonomie au sein de l’entreprise permet de mieux concevoir les supermarchés avant les travaux de construction ou de rénovation, ce qui réduit dès l’origine les facteurs de risque. Pour chacune des situations à risque dans un magasin de Grande Distribution, bien souvent une centaine compte tenu de la très grande variété des taches effectuée, les solutions de prévention concernent donc prioritairement les mesures de prévention à intégrer dès la conception ou lors d’opérations de rénovation ou d’extension des magasins. La conception des locaux est déterminante pour le niveau de sécurité dont bénéficieront ensuite les salariés. Il s’agit ainsi d’agir en amont afin de concevoir les lieux de travail de manière optimale.

Les risques liés aux moyens et outils utilisés

  • Moyens de manutention

Ceux-ci comportent les roll-conteneurs (ou conteneurs à roulettes), transpalettes à main ou électriques, chariots automoteurs. Différents types d'accident sont susceptibles de se produire lors de l'utilisation de ces moyens pendant les opérations de manutention, stockage, ou transport de marchandises.

Les opérateurs sont exposés notamment aux risques suivants :

- Contraintes vertébrales
- Traumatismes par contusions, écrasements, chutes

La formation insuffisante de l'opérateur est souvent à l'origine de ces accidents.
L’employeur doit procéder à la formation de ces conducteurs afin qu'ils soient bien informés des particularités de ces appareils et des risques encourus du fait d'une mauvaise utilisation.
Les conducteurs des chariots doivent connaître parfaitement les caractéristiques, les possibilités et la manœuvre de leur chariot. Ils doivent également connaître et appliquer les consignes de sécurité en vigueur dans leur entreprise.

  • Cutters, agrafeuses

L'ouverture de cartons et d'emballages divers est une activité omniprésente dans les activités de distribution. Les accidents surviennent lors de l'utilisation des cutters, agrafeuses... mal adaptés à l'usage que l'on en fait.
On constate des coupures plus ou moins profondes d'un doigt ou d'un membre, des perforations...
Une seconde d'inattention, par exemple lors de la coupe de carton, peut devenir rapidement la cause de graves coupures. De nombreux couteaux, peu ergonomiques, crispent les muscles de la main et engendrent des crampes et des tendinites et ne disposent pas de protection automatique du tranchant en fin de coupe.
La première précaution consiste donc à imposer l'usage exclusif d'outils de sécurité fournis par l'entreprise.
Les mécanismes de sécurité avec dispositif de retrait automatique protègent les mains et le corps d’un faux mouvement de la lame.
Cette remarque est particulièrement importante en ce qui concerne le cutter. L'employeur doit fournir des outils de sécurité destinés au déconditionnement à lame automatiquement rétractable.
Il est aussi possible de réduire fortement le nombre d’accidents liés à l’utilisation des outils à main grâce à la formation appropriée du personnel et au respect des principales règles de sécurité.

  • Les quais de transbordement
Les opérations de chargement et de déchargement de poids lourds à quai exposent les salariés
de l’entreprise et les personnels des entreprises de transport à des risques de heurt et d’écrasement par les camions, les engins de manutention et les charges, et à des risques de chute.
L’arrêté du 26/04/96 l’élaboration d’un document écrit appelé « Protocole de sécurité ».
Le protocole de sécurité est obligatoire dès qu’une entreprise de transport de marchandises fait pénétrer un véhicule dans une entreprise d’accueil (quelle que soit sa taille) en vue d’une opération de chargement ou de déchargement, quels que soient le type de marchandises,
le tonnage et la nature de l’intervention du transporteur.
Le protocole de sécurité comprend toutes les indications et informations utiles à l’évaluation des risques générés par l’opération et les mesures de prévention et de sécurité qui sont mises en place et qui doivent être observées. Il doit être tenu à la disposition des membres du CHSCT et de l’inspecteur du travail.
La prévention passe par la qualité des infrastructures :
- Circulation dans la cour : sol entretenu, marquage des voies, nettoyage, éclairage suffisant
- Quais en état, dispositif de calage des roues arrière, ponts de liaison entre le quai et les camions, mise en place de protections (main courante, garde-corps…),
- Dépôt : suppression des zones dangereuse (revêtement de sol anti-dérapant, suppression des inégalités du sol, élargissement des passages...), nettoyage des sols, réparation des parties défectueuses, dégagement, éclairage, signalisation des passages, ...
- Allées : largeur des allées compatible avec les moyens de manutentions utilisés, stockage de hauteur limitée, installation de protections...

Les risques liés aux contraintes physiques

  • Manutention manuelle de charges pour le réassortiment et opérations de mise en rayon et poste d’encaissement dans les Grandes Surfaces de Distribution

Le travail accroupi ou en extension forcée avec contraintes posturales pour le remplissage des rayons du bas et du haut, les efforts de traction ou de poussée, les gestes répétitifs des caissières ou des préparateurs de commandes en entrepôts, engendrent de nombreux troubles musculo-squelettiques, notamment des pathologies vertébrales.
Des conteneurs de livraison bien adaptés avec une formation aux bonnes pratiques d'utilisation des petits conteneurs, des postes de caisses ergonomiques, la formation aux bons gestes et postures en manutention manuelle (Formation PRAP : Prévention des Risques liés à l'Activité Physique) sont des mesures de prévention efficaces.

  • Exposition au froid

Le travail au froid pour les produits frais ou surgelés, la transformation de la viande, dans les chambres froides des magasins s’effectue au dessous de la zone de confort des personnes.

Cela peut produire ou aggraver des pathologies ORL chroniques, des douleurs rhumatismales, des dermites dues au froid.

La vigilance mentale est également réduite en raison de l'inconfort causé par le froid et peut occasionner des accidents de manutention due à l’incapacité à effectuer des mouvements et des chutes de plain-pied sur sol glissant.

Une tenue adaptée pour le travail au froid assurant une bonne protection thermique est nécessaire.

Il faut porter des gants si la température ambiante est au-dessous de 4 oC.

Les chaussures doivent être antidérapantes et pourvues d’une bonne isolation thermique.

  • Le mauvais éclairage des locaux

Deux situations à risques existent : soit l’éclairage insuffisant des réserves, soit l’éclairage trop intense et éblouissant du magasin.

L’utilisation d'un éclairage des locaux bien conçu permet :

- d'éviter une détérioration de la vue et les fatigues intempestives que pourrait causer un travail prolongé dans des conditions d'éclairages mal adaptées,
- de prévenir les risques d'accidents occasionnés par une perception visuelle dégradée de l'environnement

Des baies vitrées doivent être installées dans les zones de préparation pour éviter les locaux aveugles, avec vue sur l’extérieur ou à défaut avec vue sur la surface de vente. Mais en pratique, la lumière naturelle est rarement suffisante pour une activité professionnelle.
Pour assurer un bon confort visuel, il est absolument nécessaire pour l'implantation des luminaires, de connaître et tenir compte de la disposition des bureaux, des équipements pour éviter l'éblouissement direct ou indirect.
L’éclairage des locaux de travail est soumis à de nombreuses réglementations et
recommandations, imposant des valeurs limites indispensables à respecter ainsi que des
méthodes, les dispositions des luminaires et des valeurs d’éclairement adaptés aux différentes
tâches du travailleur afin d’organiser l’ergonomie des lieux de travail lors de la conception ou
la réhabilitation des locaux de travail. Les obligations de l’employeur, du maître d’œuvre et
du maître d’ouvrage y sont définies de manière précise
Un bon éclairage des locaux combine une efficacité lumineuse élevée, une durée de vie importante et un rendu des couleurs correct.
D’un point de vue réglementaire, il faut veiller :
  • au respect des valeurs minimales d’éclairement,
  • au rapport entre le niveau général et celui de la zone de travail,
  • à la qualité du rendu des couleurs.

Enfin, l’éclairage de sécurité doit permettre, lorsque l’éclairage normal est défaillant,
l’évacuation sûre et facile des personnes vers l’extérieur, ainsi que les manœuvres de
sécurité. L'éclairage de sécurité doit être à l'état de veille pendant l'exploitation de l'établissement. L'éclairage de sécurité est mis ou maintenu en service en cas de défaillance de l'éclairage normal / remplacement (groupe électrogène). En cas de disparition de l'alimentation normale / remplacement, l’éclairage de sécurité est alimenté par une source de sécurité dont la durée assignée de fonctionnement doit être de 1 h. au moins.
Les signalisations situées à toutes les sorties destinées à être utilisées en cas d’urgence ainsi que le chemin doivent être éclairées de manière à indiquer correctement et sans ambiguïté le chemin jusqu’à une zone sûre.

  • Les chutes de plain-pied
Les glissades, les faux pas, les pertes d'équilibre entraînant une chute de plain-pied sont très fréquentes dans les magasins et peuvent occasionner des lésions sérieuses. .Les lésions sont le plus souvent cutanées et/ou ostéo-articulaires : la foulure, l'entorse, les contusions, plaies cutanées et hémorragies, la fracture sont les lésions les plus courantes.
Il existe deux moyens de protéger les salariés des risques de glissades :

- rendre le sol antidérapant (protection collective).
- imposer le port de chaussures antidérapantes (protection individuelle)

Pour la prévention des risques de chute de plain-pied, des revêtements de sol antidérapants doivent être privilégiés, les inégalités de surfaces et/ou obstacles doivent être soit supprimés soit clairement signalés, notamment dans les lieux de passage, les sols doivent être nettoyés régulièrement et tout produit accidentellement répandu, lors d’une fuite ou déversement, immédiatement épongé. Les voies de circulation doivent être débarrassées de tout obstacle. Il faut éviter les zones d'ombre en optimisant l'éclairage et signaler les escaliers, les dénivelés, les encombrements temporaires…
Prioritairement, un revêtement de sol antidérapant et facilement nettoyable doit être installé dans les zones de préparation (boulangerie et pâtisserie, boucherie et charcuterie, préparation de plats cuisinés) et les arrières de surface de vente (poissonnerie, charcuterie, boulangerie,
etc.).

Les risques liés aux contraintes psychologiques

Le travail en contact avec le public, le travail en horaires variables et/ou tôt le matin jusqu'à tard le soir, le travail le samedi, parfois le dimanche et les jours fériés sont des facteurs de stress pouvant conduire à différents troubles somatiques (maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux), et des états d’anxiété et dépressifs…

Des clients peuvent être violents ou le devenir dans certaines situations, particulièrement des manques réels ou imaginaires de qualité, des promesses commerciales excessives … qui multiplient les clients non satisfaits et fournissent des raisons à des personnes dont les facteurs individuels psychologiques (maladie mentale ou abus d'alcool ou de drogues) ou sociaux (chômage, situation de précarité) rendent agressifs.
La violence peut prendre plusieurs formes et sont fréquentes dans les grandes surfaces commerciales : agressions verbales, physiques ou psychologiques (menaces) qui, à la longue, induisent un stress qui peut provoquer de profondes altérations psychologiques.
Dans les cas de violence, il est très important de prendre en considération la réalité d'un sentiment d'agression, même si la personne a tendance à minimiser ce sentiment ou à l'exagérer.
Des mesures préventives existent et permettent de pallier en partie toutes ces conséquences néfastes : formation du personnel, conception et sécurisation des lieux de travail.
Des techniques de dialogue et la communication (techniques de « coping ») contribuent à désamorcer les risques, afin d'obtenir un meilleur contrôle émotionnel en situation d'agression.
Les entreprises doivent travailler à préparer et former leurs salariés confrontés souvent à des risques de violence pour qu'ils soient capables de gérer des relations conflictuelles.
La conception des lieux de travail concerne l'aménagement, la disposition, l'emploi d'affiches, le verrouillage ou les obstacles physiques, l'éclairage et la surveillance électronique.

Source : Officiel prévention