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Pamco : un regard passionné sur la fin de la fonderie – Pontchardon

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LLLLLLLLEntre passion pour son métier et réflexion sur les erreurs qui ont mené à la chute de la Pamco, Serge Lamorinière témoigne. Pour ne pas oublier ceux qui sont aujourd'hui dans la difficulté.

Interview

L'ancien « Pamco », délégué CFDT au comité d'entreprise puis au CHSCT, est jeune retraité depuis mercredi. Serge Lamorinière revient sur les années Pamco.

Vous êtes arrivé à la Pamco en 1988. Comment était l'entreprise à l'époque ?

On était environ 400 salariés, dont des intérimaires. On dépassait les 15 % de stocks, d'avance de production. À l'époque, ça tournait. Il y avait la production automobile. Les principaux clients c'était Renault, Ford et Garrett pour les carters. Et la production robinetterie, avec une centaine de clients. Ces pièces-là, on les coulait avec de la fonte montée à 1 500°. Incassables.

LLLLLLLLEntre passion pour son métier et réflexion sur les erreurs qui ont mené à la chute de la Pamco, Serge Lamorinière témoigne. Pour ne pas oublier ceux qui sont aujourd'hui dans la difficulté.

Interview

L'ancien « Pamco », délégué CFDT au comité d'entreprise puis au CHSCT, est jeune retraité depuis mercredi. Serge Lamorinière revient sur les années Pamco.

Vous êtes arrivé à la Pamco en 1988. Comment était l'entreprise à l'époque ?

On était environ 400 salariés, dont des intérimaires. On dépassait les 15 % de stocks, d'avance de production. À l'époque, ça tournait. Il y avait la production automobile. Les principaux clients c'était Renault, Ford et Garrett pour les carters. Et la production robinetterie, avec une centaine de clients. Ces pièces-là, on les coulait avec de la fonte montée à 1 500°. Incassables.

 Comment était organisée la production ?

On faisait les moules à partir des modèles que fournissaient nos clients. On coulait les pièces. On les ébarbait (premier meulage). Après, ça partait chez les clients, en usinage. Dès les années 90, on a compris qu'il fallait moderniser si on voulait être compétitifs. La fonderie était assez vieillotte. Mais robotiser, impossible pour tout et ça aurait coûté trop cher.

Pourquoi les choses se sont gâtées ?

En 1990, le propriétaire c'était le groupe CF2M, 7 sociétés. Nous, Pontchardon, on a fusionné avec le site de Rochefort. Pamco n'allait pas trop mal, mais on a servi à financer Rochefort, au lieu d'investir et moderniser ici... Il y a bien eu des robots et un nouveau chantier, mais les bâtiments, les postes de travail des salariés... au niveau santé c'est une catastrophe. Vous travaillez dans la poussière, la chaleur. C'est un peu notre faute, on a fait grève pour les salaires, jamais pour améliorer notre poste de travail.

Et il y a eu le redressement judiciaire, l'aventure de la société coopérative ouvrière de production.

Ca a été plus d'un an de négociations ! Nous, on était des salariés, des syndicalistes, pas des repreneurs d'entreprises... Ca nous a été un peu reproché... J'ai fait partie des six qui ont signé la Scop au départ. Et finalement, les élus (la Région qui a donné 500 000 ?, le Département 460 000 ? pour l'environnement, la CDC) nous ont soutenus. Deux banques aussi. Et quand on a démarré, on a bien travaillé... Moi j'ai fait partie des 56 licenciés (196 emplois maintenus). J'étais d'accord, j'avais déjà des soucis de santé.

Qu'est-ce qui n'a pas marché ?

Il y a eu un décalage entre les salariés qui avaient mis de l'argent dans la Scop (les Scopeurs), qui voulaient travailler pour l'entreprise, et les autres. Il aurait fallu licencier tout le monde, toucher les primes de licenciement. Après, chacun aurait eu un mois pour rentrer à la Scop et travailler... Et il y avait l'idée qu'on allait gommer toutes les injustices : les différences entre cadres et ouvriers, les biens payés et les moins payés, les travailleurs et ceux qui ne faisaient rien. C'est devenu pire. Et normalement, les salaires étaient bloqués pour 3 ans. Mais il y a eu des augmentations chez les cadres. C'est mal passé.

Simple question de fonctionnement interne ?

On a aussi perdu de gros clients, rapidement. Renault a délocalisé en Pologne... Près de la fonderie qu'a construite CF2M. À l'époque de leur plan de licenciement, ils nous avaient proposé d'aller travailler là-bas, pour 240 ? par mois. Ici on en gagnait 1 400 ! Malgré tout, la robinetterie n'était pas malade. Si on avait pu ouvrir notre atelier d'usinage, on aurait pu s'en sortir. Les mêmes équipes ont refait les mêmes erreurs.

Et depuis la vente aux enchères ?

Je n'ai pas voulu y aller ! J'aurais été violent. Aujourd'hui, beaucoup d'anciens salariés sont en fin de droits et doivent vivre avec le RSA. Que faire, ils ont travaillé tout le temps en fonderie ? Alors que l'emploi va mal partout ? Il faudrait que des petites entreprises s'installent dans le secteur... Au final, quel gâchis.

Isabelle BOIS.

http://www.ouest-france.fr/