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Ordures : plongée au cœur du « fini-parti » à Bordeaux

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L'étonnante et épuisante course quotidienne des éboueurs de la CUB (Communauté Urbaine Bordelaise).


On reproche parfois aux journalistes de « faire les poubelles » pour trouver des sujets. Ce n'est pas la seule chose qui les rapproche des éboueurs. Chez ces derniers comme dans la presse, on ne fonctionne pas au régime horaire : on rentre chez soi quand le travail est fait. Et ce quel que soit le temps passé. Chez les éboueurs, cela porte un nom : le « fini-parti ». Principale

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L'étonnante et épuisante course quotidienne des éboueurs de la CUB (Communauté Urbaine Bordelaise).


On reproche parfois aux journalistes de « faire les poubelles » pour trouver des sujets. Ce n'est pas la seule chose qui les rapproche des éboueurs. Chez ces derniers comme dans la presse, on ne fonctionne pas au régime horaire : on rentre chez soi quand le travail est fait. Et ce quel que soit le temps passé. Chez les éboueurs, cela porte un nom : le « fini-parti ». Principale

conséquence de ce système : la collecte des déchets est souvent menée à fond de train. « Attention, on est des sportifs de haut niveau ! Les gars font un marathon chaque soir », s'amuse R.L, éboueur à la Communauté urbaine de Bordeaux depuis près de trente ans. « Faut pas s'étonner si, physiquement, ils sont cassés. Moi, on m'a dit " t'es foutu ! " », ajoute-t-il aussitôt.

Physiquement très dur

La collecte et le traitement des déchets sont devenus des enjeux majeurs dans la vie de la cité. Les éboueurs le savent, certains estiment en tirer une sorte de bénéfice. « Le regard des gens sur nous a changé. Avant, les éboueurs, c'était les moins que rien. Moi, quand j'ai commencé, il y a 25 ans, j'ai cru que j'allais jamais pouvoir rester dans le métier. Aujourd'hui, les gens nous voient différemment, et le métier, je l'aime. On a des contacts, on est libre, indépendants », raconte B.G, qui conduit la benne sur les tournées du centre-ville. Chaque soir, rue Sainte-Catherine, un enfant attend le passage de la benne derrière sa fenêtre, fasciné. Bruno lui lance toujours un petit signe. Mais éboueur, c'est avant tout physiquement très dur. La mécanisation n'a pas supprimé la pénibilité. Ce soir, S.D est « au cul » de la benne. Circuit habituel : Porte-Dijeaux, Cheverus, Sainte-Catherine, Mirail… « Les gens tassent les déchets, on est obligé de les décoincer avec les mains, raconte-t-il. Ce ne sont pas des gestes compliqués, mais répétés des dizaines de fois, ça crève. Dans les rues piétonnes, les déchets des boutiques, comme les antivols etc. empêchent la machine de lever la poubelle, à cause de l'électricité statique. Alors on doit lever le bac nous-même ».Et surtout, il y a des tonnes de déchets jetés dans des poches, hors des bacs. La directive européenne 437 interdit aux éboueurs de les ramasser. « Mais vous croyez qu'on va laisser ça comme ça ? » demande Stéphane devant une montagne de poches, rue des Trois Conils.

3h30 en moyenne

Il fait froid en cette fin novembre, mais il transpire à grosses gouttes. Comme la majorité de ses confrères, le « fini-parti » le pousse à courir pour récupérer les bacs, les vider, les reposer, ramasser les poches sauvages, se ruer sur les bacs suivants. La tournée dure 3 h 30 en moyenne, et il court tout le temps. Au volant de la benne, c'est une autre forme de fatigue : elle est nerveuse, c'est le stress. « On a trois rétros et des caméras et on doit sans arrêt regarder partout, ce que font les collègues, où ils sont, et ce que font les gens dans la rue, qui passent partout autour. Certains font n'importe quoi. Moi je conduis, mais je peux vous dire que c'est plus cool d'être au ramassage », explique Bruno.

Selon une étude présentée en CHSCT, le cœur d'un conducteur en tournée peut atteindre les 200 battements par minute. Mieux vaut être sportif, en effet.Il est 23 h 30, rue du Mirail, on approche du « fini ». La benne est pleine d'environ 6 tonnes de déchets divers. « Petite tournée », selon B.G. Derrière, sur le marchepied extérieur, Stéphane est sous la pluie, comme son collège B.B. Au bout de la rue, ils en auront terminé avec leur marathon quotidien. « On a droit à 20 minutes de pause par tournée, mais personne ne les prend jamais, pour aller plus vite ! » dit-il. Dans un instant, ils se partageront le butin de la soirée : sandwichs, sodas et autres cadeaux offerts par les commerçants, tout au long de la rue Sainte-Catherine. Une manière de soigner les relations avec un service devenu stratégique.

Actualité proposée par notre partenaire Travail et Facteur Humain


Source : http://www.sudouest.fr/2010/11/26/plongee-au-coeur-du-fini-parti-250112-729.php

Crédit photo: Eboueur91


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