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Les jeunes formés à la santé et sécurité au travail ont deux fois moins d’accidents

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Une étude épidémiologique de l'INRS réalisée sur cinq ans révèle que les jeunes de moins de 25 ans formés en santé et sécurité au travail pendant leur scolarité ont deux fois moins d’accidents du travail que les autres.
Les accidents du travail sont plus fréquents chez les jeunes. Comment lutter contre leur vulnérabilité ? L'institut national de la recherche et de la sécurité (INRS) s'est penché sur l’effet de l'enseignement en santé et sécurité au travail reçu au cours de la scolarité sur l’incidence des accidents du travail chez les jeunes en début de carrière. Résultat : formés à la question, ils sont beaucoup moins victimes d'accidents du travail.
L'étude de l'institut se fonde sur 755 élèves et apprentis de moins de 25 ans en dernière année d'enseignement professionnel (CAP/BEP, baccalauréat, brevet professionnel ou certains BTS) (1). Ces participants ont répondu à un questionnaire avant leur sortie du système éducatif : il interrogeait notamment sur l’enseignement en santé et sécurité au travail reçu et sur la formation de sauveteur secouriste du travail. Les chercheurs les ont ensuite suivi sur deux ans. Tous les six mois, les participants complétaient un autre questionnaire de suivi. Les questions portaient cette fois sur le (ou les) emploi(s) occupé(s), sur les conditions de travail dans ces emplois, ainsi que sur les conditions d’accueil à l’arrivée dans l’entreprise. Les chercheurs ont ensuite recensé les accidents du travail, sur la base de la déclaration des participants dans les questionnaires de suivi, mais aussi des bases de données de la Cnam-TS répertoriant les déclarations des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Effets de la formation de sauveteur secouriste du travail


D'après les résultats, les jeunes ayant déclaré avoir reçu un enseignement en santé et sécurité au travail ont eu deux fois moins d’accidents du travail que les autres. Ceux ayant déclaré avoir suivi la formation de sauveteur secouriste du travail ont eu 30 % de moins d’accidents du travail que les autres. Les conditions d’accueil à l’arrivée dans l’entreprise ne semblent pas avoir d’effet sur la survenue d’accident du travail. Mais les auteurs de l'étude nuancent : "cette absence de résultat pourrait s’expliquer par le fait que 90 % des participants ont déclaré avoir reçu un enseignement à la santé et sécurité au travail et 60 % la formation "sauveteur secouriste du travail"".
Les accidents rapportés surviennent en moyenne 6 mois après l’entrée dans l’emploi. Sont particulièrement concernés les ouvriers du BTP, les agents de maintenance, les cuisiniers, les bouchers, les charcutiers et boulangers.

Approche globale : un bon point


L'INRS fait remarquer que dans les diplômes professionnels, dont sont issus les participants à l'étude, les compétences en santé et sécurité au travail sont enseignées majoritairement avec une approche globale, c'est-à-dire plus large que les risques spécifiques liés au métier appris. Or, 30 % des emplois occupés par les participants ne correspondaient pas à leur formation initiale. Cette approche globale est donc une bonne chose, d'après les auteurs qui estiment qu'"il serait intéressant d’intégrer cette approche globale en santé et sécurité au travail à l’ensemble des diplômes".
(1) Entre 2009 et 2014, quatre cohortes successives ont été suivies, chacune sur deux ans, dans sept régions de France. L'étude par questionnaire s'est déroulée auprès d’environ 1800 apprentis mais à l’issue de la période de suivi, les données de 755 participants ont finalement pu être analysées. À propos des BTS, il s'agissait seulement des BTS dans des spécialités de production (transformations ; génie civil, construction et bois ; matériaux souples ; mécanique, électricité, électronique) ou de service (échanges et gestion (uniquement transports, manutention, magasinage ainsi que commerce et vente) ; services aux personnes ; services à la collectivité).

Actuel-CE (lire l'article original