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Egalité homme-femme : un sursaut citoyen est urgent pour agir vraiment

 

Les chiffres qui comparent la situation des femmes à celle des hommes sont sans appel :

plus de temps partiels, de sous-emploi et de bas salaires pour les femmes, plus de difficultés d’accès ou de retour à l’emploi, de petites retraites, de précarité. Aussi révoltants soient-ils, ces constats évoluent peu, fait valoir Pascale Vion,vice-présidente de la Mutualité française.

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Du modèle archaïque de l’homme dominant, base de l’organisation de notre société, découle la place des femmes et les inégalités dont elles sont victimes. Nous sommes tou(te)s issu(e)s de ce modèle marqué par les stéréotypes sexistes qui touchent les femmes comme les hommes. N’impose-t’on pas au sexe masculin force et virilité ? Il est urgent de changer de paradigme pour aller vers l’égalité, et beaucoup reste à faire en la matière.

 

La délégation aux droits des femmes et à l’égalité (DDFE) du CESE produit des études ayant pour dénominateur commun la promotion de l’égalité des chances entre femmes et hommes. Travail des femmes, égalité professionnelle et prise en compte des vulnérabilités sont des axes privilégiés de ses actions. Elle exerce également une mission de veille, d’impulsion et de suivi de la prise en compte du genre dans les travaux de la 3e assemblée de la République.

 

La persistance du plafond de verre

Les constats dressés dans ses études tels le Bilan de l’application des dispositifs promouvant l’égalité professionnelle, les femmes éloignées du marché du travail, femmes et précarité, les forces vives au féminin, etc. sont invariablement les mêmes.

Incohérences dans les politiques publiques, freins culturels et sociétaux, faibles qualifications, difficultés d’accès ou de retour à l’emploi -surtout après une naissance- orientation stéréotypée des filles, sectorisation persistante des domaines d’activité et des métiers, inégale répartition des charges familiales sont autant de freins à l’égalité et contribuent à la persistance du plafond de verre.

Pourtant dans ses études, la DDFE a identifié divers leviers visant à déconstruire les stéréotypes et à développer une culture de l’égalité. L’éducation à l’égalité, à la sexualité, au respect de chacun.e dès le plus jeune âge doit être encouragée tout comme la conscientisation des inégalités par la production de statistiques sexuées.

 

La lutte contre toutes les formes de discriminations

La délégation s’efforce donc de mobiliser toutes les énergies citoyennes dans la lutte contre toutes les formes de discriminations : favoriser la mixité, valoriser les compétences invisibles, atténuer les effets négatifs du temps partiel, aider et accompagner les femmes précarisées en agissant sur les ruptures des droits et le recouvrement des pensions alimentaires, mieux prendre en compte la parentalité dans la vie professionnelle par la gestion partagée des responsabilités familiales, le développement et la diversification des modes d’accueil des enfants et l’implication des employeurs.

Inciter les femmes à s’impliquer davantage dans les organisations, en les formant et en les soutenant, en travaillant notamment sur la répartition des responsabilités et des mandats, en renforçant les politiques volontaristes de féminisation des instances exécutives, en objectivant et en formalisant la notion de compétences. Combattre toutes les violences faites aux femmes, en les protégeant, en les prenant en charge ainsi que leurs enfants, en sensibilisant et en formant l’ensemble des interlocuteurs(trices) et des professionnel(le)s, en apportant de meilleures réponses aux besoins des victimes mais aussi en sanctionnant et en soignant les agresseurs. 

 

 

La mixité est aussi un atout pour la société

Les médias se font régulièrement écho de nos travaux. Ceux-ci sont relayés dans différentes sphères publiques et privées en France et à l’international. Les conseiller(e)s en sont les ambassadeurs et ambassadrices en participant à diverses manifestations. Certaines préconisations constituent des éléments bibliographiques de rapports parlementaires, de synthèses, dossiers et ouvrages. Elles font l’objet de questions écrites de parlementaires qui interpellent les membres du gouvernement sur les suites à leur donner. Celles-ci sont régulièrement reprises dans les travaux législatifs et réglementaires : plan gouvernemental sur l’entrepreneuriat au féminin, plan mixité des métiers, déploiement des dispositifs de lutte contre les violences, lutte contre les agissements sexistes intégré au code du travail, loi sur la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils, loi du 4 aout 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

 

Mais les pistes proposées s’adressent aussi très pragmatiquement à tou(te)s les acteurs (trices) de la société : ce sont des boites à outils dont chacun(e) peut se saisir, indépendamment du processus législatif. Ainsi dans sa dernière étude sur les forces vives au féminin, certaines préconisations de la DDFE visaient à positionner les organisations comme des espaces plus inclusifs et donc plus démocratiques. Au-delà des seules femmes, c’est la diversité même qui peut émerger et générer une plus grande ouverture bénéfique à toutes et à tous.

Car la mixité, si elle fait progresser la cause des femmes, est aussi un atout pour l’ensemble de la société et des individus qui la composent.

 

 

 

Avatar de Pascale Vion
Par 

Mutualité française

 

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