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Drogues : la construction et la restauration, secteurs les plus touchés

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altC'est parmi les personnes travaillant dans les secteurs de la construction et de la restauration, milieux dans lesquels les hommes sont surreprésentés, que la consommation d'alcool et de drogues est la plus élevée, selon les résultats du dernier Baromètre santé de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Face au risque que représentent les conduites addictives en milieu professionnel, la Mildt vient de publier un guide afin de donner des repères pour élaborer, sur les lieux de travail, une politique de prévention des risques liés à la consommation de drogues.

altC'est parmi les personnes travaillant dans les secteurs de la construction et de la restauration, milieux dans lesquels les hommes sont surreprésentés, que la consommation d'alcool et de drogues est la plus élevée, selon les résultats du dernier Baromètre santé de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Face au risque que représentent les conduites addictives en milieu professionnel, la Mildt vient de publier un guide afin de donner des repères pour élaborer, sur les lieux de travail, une politique de prévention des risques liés à la consommation de drogues.

Beaucoup de consommateurs de drogues dans la construction, l'hébergement et la restauration

Mené auprès de 27 653 personnes entre octobre 2009 et juillet 2010, le Baromètre santé montre que les consommations ponctuelles d'alcool sont particulièrement fréquentes dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche, où elle est quotidienne pour 16,6 % des travailleurs, et dans celui de la construction (13,4 % d'usage quotidien). Sans parler d'ivresse, ces secteurs sont également confrontés à de fréquentes consommations ponctuelles importantes (au moins 6 verres au cours d'une même occasion), avec près d'un tiers des travailleurs concernés (contre 19,2 % parmi l'ensemble des actifs). Suivent les secteurs de l'industrie (26,2 %) et de l'hébergement/restauration (26,9 %) où les consommations ponctuelles importantes chaque mois concernent respectivement 26,2 % et 26,9 % des travailleurs de ces secteurs d'activité.

S'agissant du cannabis, les secteurs de la construction ainsi que de l'hébergement/restauration présentent, là encore, une part importante d'usagers (13 et 12,9 % respectivement), mais c'est surtout dans le milieu des arts et spectacles que l'on trouve le plus de consommateurs, avec 16,6 % d'usagers, une prévalence plus de deux fois plus élevée que celle observée parmi l'ensemble des actifs (6,9 %).

Conformément à une idée répandue, c'est aussi dans ce secteur que les gens sont les plus nombreux à expérimenter toutes les autres drogues illicites (cocaïne, ecstasy, poppers, champignons hallucinogènes) : près de 10 % des personnes exerçant dans ce secteur y ont déjà goûté, contre 3,8 % sur l'ensemble des travailleurs. Le même phénomène est observé dans le milieu de l'hébergement/restauration, les ouvriers dans la construction affichant leur préférence pour la cocaïne et les champignons hallucinogènes.

Quatre secteurs préservés des drogues

A l'inverse, quatre secteurs d'activités se distinguent avec des consommations d'alcool, de tabac et de drogues plus faibles que le reste des actifs : l'administration publique, l'enseignement, le milieu de la santé et de l'action sociale, et enfin le milieu des services des ménages. Pour l'Inpes, l'explication tient en partie aux différences de consommation entre hommes et femmes et au fait que certains secteurs d'activité sont nettement plus masculins (construction, agriculture), quand d'autres attirent davantage les femmes (action sociale, santé). Or, il existe des différences selon le genre à la fois en termes de substances consommées et de niveaux de consommation. Ainsi, les surconsommations observées chez les hommes exerçant dans les secteurs de l'hébergement et de la restauration leur sont propres et ne se retrouvent pas chez les femmes des mêmes secteurs. Par ailleurs, les femmes exerçant dans le secteur du commerce sont plus souvent fumeuses de cannabis et connaissent plus fréquemment l'ivresse que leurs femmes des autres secteurs.

Interrogés sur les raisons qui les ont poussés à augmenter leur consommation de tabac, d'alcool ou de cannabis, une proportion importante invoque des problèmes liés à leur travail ou à leur situation professionnelle (respectivement 36,2 % des fumeurs réguliers, 9,3 % des consommateurs d'alcool et 13,2 % des fumeurs de cannabis). Mais, souligne l'Inpes, l'absence d'activité est un facteur de risque encore plus fort : "l'exercice d'une activité professionnelle reste globalement un facteur de protection des conduites addictives, comparée à la situation de recherche d'emploi".

Publication d'un guide de prévention en milieu professionnel

En France, un Plan gouvernemental a été initié en 2008 pour lutter contre les drogues et les toxicomanies. Alors qu'il vient de s'achever, la Mildt (Mission de Lutte contre les Drogues et les Toxicomanies) publie un guide "pour une politique de prévention des risques liés à la consommation de drogues en milieu professionnel". Son but : "faciliter la mise en place de politiques de prévention efficaces qui pourront anticiper sur les problèmes éventuels et éviter des réponses exclusivement disciplinaires", explique la Mildt. Et d'ajouter : "il s'agit aussi, en apportant des réponses collectives et non stigmatisantes, de réduire le nombre d'accidents et de conflits au travail mais également de faire baisser les licenciements faisant suite à un avis médical d'inaptitude au poste, fondé sur ce motif".

En effet, alors que le phénomène prend de l'ampleur dans certaines entreprises, celles-ci ne disposent pas toujours des moyens de prévention et d'action nécessaires à la gestion des risques liés à la consommation de drogues. Or, "les risques sont multiformes, souligne la Mildt : ils concernent non seulement la santé des travailleurs mais aussi leur sécurité et celle des autres". Et de poursuivre : "les travailleurs qui consomment des substances psychoactives mettent en péril leur emploi, mais aussi la productivité de l'entreprise […]".

Le guide propose donc des clés pour mettre en place un protocole d'actions accepté par tous dans l'entreprise : modes d'intervention, moyens à mettre en œuvre, écueils à éviter…
- l'établissement d'une charte globale de prévention définissant précisément la conduite tenue par l'entreprise concernant le suivi, la prise en charge, le retrait du poste et le dépistage ou le contrôle est indispensable mais nécessite la formation préalable des participants ;
- s'il n'existe pas de signes formels accréditant l'hypothèse d'une consommation de substances psychoactives, l'absentéisme répété de courte durée, les retards fréquents, la baisse de la qualité du travail et/ou de la productivité doivent alerter ;
- une politique de prévention efficace consiste à ne pas tomber dans une logique répressive ou de sanction, ni porter de jugement, mais à informer des possibilités de soutien, inciter à aller consulter, être à l'écoute… ; cela peut passer par des conférences/débats, des présentations de fictions sur les pratiques addictives, des séances interactives avec questions-réponses, des présentations d’outils d’auto-évaluation.
- la Mildt souligne enfin qu'"il est recommandé de rappeler régulièrement les rôles de chacun, de bien expliquer la différence entre alerter et dénoncer, de rassurer l’ensemble du  personnel sur l’absence de sanction encourue en cas d’alerte".

L'employeur ne peut imposer de test de dépistage

Le guide de la Mildt rappelle par ailleurs que si un dépistage médical est mis en place dans l’entreprise, "il doit être expressément prévu et son caractère systématique et/ou inopiné précisé dans le règlement intérieur et les contrats de travail" (avis n° 114 du Comité consultatif national d’éthique du 19 mai 2011). L’employeur ne peut imposer d’examens biologiques à un salarié qu'il soupçonne de consommer des produits psychostimulants. C’est au médecin du travail qu’il appartient de juger de l’opportunité d’examens complémentaires. Et quand bien même un employé devrait se soumettre à un test de dépistage via la médecine du travail, celle-ci est tenue au secret médical et "l'employeur n'a pas à connaître les résultats d'un test salivaire et ne peut donc sanctionner un salarié sur ce motif." Par conséquent, "aucun lien ne pourra être établi entre cette inaptitude et la consommation des produits en cause." En revanche, l'employeur peut sanctionner un salarié si celui-ci est pris sur le fait d'introduction ou de consommation de drogues au sein de l'entreprise.

Un Plan addiction 2012-2015 est en cours d'élaboration. Il devrait faire la part belle à la prévention et la recherche, avait annoncé le président de la Mildt, Etienne Apaire, lors d'une conférence de presse le 29 juin 2011.


source: doctissimo

 

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